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Pourquoi pas Mahomet ?

Ecrivain

Fondateur du NON

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L. (appelons-le L., par discrétion, quoique je n’aie rien que de très honorable à dire de lui), L. est très abattu, au téléphone. Il trouve la situation politique accablante. S’il m’appelle pour que je lui remonte le moral, je crains qu’il ne frappe à la mauvaise porte.

Il n’attend absolument rien des partis et, ce qui est plus grave, et m’a un peu étonné moi-même, rien non plus du peuple, qu’il dit totalement abruti par la propagande permanente et la désinformation, hébété par un demi-siècle d’endoctrinement antiraciste — c’est-à-dire, à toutes fins utiles désormais, remplaciste —, désoriginé, déraciné, aliéné, veule, passif face à l’invasion. Néanmoins, et à ma grande surprise après ce préambule, il n’est pas complètement découragé.

Il place son espérance dans… l’Histoire, et, assez hégéliennement, dans le cheminement détonnant de la vérité : dans l’accident, dans ce qui peut subvenir à tout moment, dans ce qu’il faut aider à subvenir, dans ce dont il faut accoucher l’Histoire. Il rappelle que ce n’est pas du tout le peuple qui a fait s’effondrer l’Union soviétique, mais sa propre usure interne et l’action courageuse d’une poignée d’hommes déterminés – j’aurais pu lui objecter que, si le peuple russe n’a pas fait grand-chose en effet, le peuple allemand, en revanche, a joué un rôle capital pour entraîner la chute du Mur et du château de cartes. (Tiens, à propos, que deviennent nos amis de PEGIDA : on n’entend plus autant parler d’eux ?)

Les mouvements que nous avons lancés ne recrutent pas, constate L., ils ne vont nulle part. Tous les communiqués de la terre ne toucheront jamais que ceux qui sont déjà convaincus, dit-il. Lui voit Twitter et Facebook comme des impasses qui font perdre du temps, rien d’autre. Il estime que nous devrions nous réunir à nouveau, nous, les responsables des diverses phalanges antiremplacistes, et réfléchir à des moyens d’action inédits. Je ne vois pas très bien à quoi il pense, et il confesse ne pas le savoir lui-même. Il compte sur moi pour apporter des idées. Hélas, je suis bien la dernière personne qui pourrait mettre au point un plan d’action. Ce sont les médias qui décident si quelque chose ou quelqu’un existe ou pas. Or, ils sont totalement inféodés au remplacisme, ils en sont même le saint des saints, la forteresse, le générateur central. Comment leur forcer la main ? Je ne tiens que modérément, il faut le reconnaître, à me faire consumer par le feu place du Châtelet, à la station Richard-Millet (B., qui prend tout au pied de la lettre et n’a aucun sens de l’humour, me reproche à n’en plus finir d’avoir écrit que j’étais « très douillet » [et aussi que « j’étais leur chef, et (donc) bien obligé de les suivre… »]). De toute façon, même le coup de pistolet dans la gorge au pied du maître autel de Notre-Dame, à la Dominique Venner, n’émeut pas la presse, de nos jours, ni n’ébranle le peuple.

Alors quoi ? On nous reproche à tort ou à raison de n’être pas les bons, de n’être pas assez ceci ou d’être trop cela. Aucun problème, en ce qui me concerne (et je suis sûr que pour L. il en va de même) : que MM. (et Mmes) les critiques se présentent, et nous remplacent – voilà au moins un remplacement contre lequel je n’ai rien. Mais celui de notre peuple et de notre civilisation par d’autres qui ne les valent pas, non (et quand bien même ils les vaudraient…).

Je reste fidèle à mon idée du lieu de rendez-vous, du point de convergence et de ralliement – virtuel, pour commencer, puis qui le serait de moins en moins. C’est à cette fin que j’ai fondé le NON (au Changement de Peuple et de Civilisation). À partir de quand faut-il commencer à se dire qu’il n’y a rien à faire, que les Français sont contents de ce qui leur arrive, que la substitution ethnique leur agrée, que la colonisation de leur pays et de l’Europe tout entière ne les dérange en rien, que l’islam leur paraît offrir un intéressant renouvellement de leur vie spirituelle un peu chiche, qu’après tout on a tout essayé, pourquoi pas Mahomet ?

Moi aussi, j’aurai tout essayé.

Fondateur du NON

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