Macron : le roquet faussement insolent

Ancien député européen, essayiste.

Président de Polémia.

 

Jusqu’ici, tout va bien. Les sondages promettent une large majorité à En Marche ! Normal : les Français sont encore sous le charme médiatique de leur nouveau président. 

Macron réincarne la fonction présidentielle. C’est le retour de la monarchie républicaine. Macron se veut « jupitérien » : marche lente, silence calculé, tournée internationale, réception du président Poutine à Versailles dans les ors de la salle des Batailles. 

Mais derrière la posture présidentielle, qu’y a-t-il ? Un roquet faussement insolent faisant fi de toutes les règles diplomatiques. 

Est-il intelligent de se vanter d’avoir broyé la main de Donald Trump ? Une simple question : si Trump avait le soutien du groupe Bilderberg, de l’État profond américain et du New York Times, Macron serait-il aussi faraud ? 

Est-il convenable d’avoir humilié les médias russes devant Poutine ? Et d’avoir fait au président russe la leçon sur ce qui se passe dans la République musulmane autonome de Tchétchénie ? Macron est-il si sûr de contrôler la situation à Saint-Denis ou dans le quartier Pajol à Paris ? À moins d’une demi-heure de son palais présidentiel, pas au fin fond du Caucase !

Bien sûr, les médias de propagande vendent aux Français un Président qui s’impose avec autorité et fermeté sur la scène internationale. 

On attend la même audace lorsque Macron rencontrera Benyamin Netanyahou. Ou l’émir du Qatar ? Et nul ne doute que Brigitte Trogneux se promènera en Arabie saoudite sans voile et avec une mini-jupe d’adolescente ! 

En fait, la « fermeté » internationale de Macron, c’est une fermeté à bon marché : contre ceux qui refusent la doxa mondialiste qui l’a porté au pinacle grâce au soutien médiatique et bancaire. 

Il y a plus grave : derrière la posture jupitérienne, il y a la volonté d’un contrôle sans faille de la presse : les grands patrons lui sont acquis : l’Israélien Drahi (BFM – groupe Express), Lagardère, l’obligé du Qatar ( Paris Match et autres), Bernard Arnault et sa fille Delphine (Les Échos, Le Parisien), Niel (groupe Le Monde), sans parler de Delphine Ernotte et de Mathieu Gallet pour les « services publics ». 

Mais comme si cela ne suffisait pas, Macron intimide les petits : il fait engager des poursuites contre La Lettre A qui a osé parler du financement de sa campagne.

Il clientélise les journalistes qu’il invite ou non à le suivre dans ses déplacements. Et exclut avec mépris ceux qu’il ne contrôle pas comme Russia Today et Sputnik. Macron l’omni-Président se voit déjà… président de la commission d’attribution de la carte de presse. 

Derrière une certaine arrogance et un certain mépris, ce qui se profile, c’est un apprenti dictateur. Un apprenti dictateur qui entend verrouiller l’information dans trois sujets sensibles : sa vie privée, ses comptes personnels et le financement de sa campagne. Comme s’il avait des choses à cacher au moment où il prépare une loi d’inspiration totalitaire sur la… transparence. Macron, ce n’est pas Jupiter, c’est Tartuffe.

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Président de Polémia.

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