Editoriaux - Histoire - Réflexions - 12 novembre 2018

Macron nous trompe avec ses leçons d’histoire

Le choix fait par Emmanuel Macron de fêter le centenaire en parcourant les champs de bataille tout en allant à la rencontre des Français et de leurs récriminations était original et heureux. Tout comme le point d’orgue de la cérémonie d’hier sous l’Arc de Triomphe. Mais, maintenant que le Boléro s’est achevé, on peut reprocher à notre Président l’indigence et l’idéologie de ses leçons d’histoire. Les thèmes éculés de la peur, du repli et du spectre de l’entre-deux-guerres et des années 30 pour structurer le débat politique actuel en se donnant le beau rôle sont profondément inadaptés à la situation actuelle de la France. On attendait mieux d’un homme politique nouveau qui a quelques prétentions intellectuelles.

En effet, cette commémoration de 2018 permet d’abord de prendre conscience que la France et l’Europe de 1918 – et, donc, des années 30 – se sont depuis longtemps évanouies. Économiquement, démographiquement, culturellement, elles n’ont plus rien à voir avec celles d’aujourd’hui. Pour le meilleur : un bien-être matériel historique et général, que l’on a trop vite tendance à oublier. Et pour le pire : une désagrégation familiale et culturelle inédite. Les historiens font commencer le XXe siècle en 1914 et lui donnent comme fin le 11 septembre 2001. Pour la France, ils pourraient aussi choisir les attentats de 2015. Aussi, ces autoproclamés « progressistes », dont M. Macron se veut le héraut, qui lisent le présent et l’avenir avec la grille des années 30 se fourvoient et nous trompent. Grossièrement.

Cette grille leur permet d’ignorer le problème majeur de l’Europe actuelle : son islamisation. Les succès des populistes en Europe ne sont que la réaction de défense logique de peuples soucieux de préserver leur identité et leur civilisation – ou ce qu’il en reste – face aux transformations qu’impose l’islam.

En ignorant cela, Emmanuel Macron repousse une opération-vérité qui aura lieu tôt ou tard en France et, au contraire, il encourage le phénomène dans ses trois grandes dimensions :
– démographique : aucun coup d’arrêt n’est mis à l’immigration qui disloque l’Europe ;
– culturelle et idéologique : il est vraiment révélateur qu’un projet de modification de la loi de de 1905 pour favoriser l’islam ait été évoqué durant cette semaine de commémoration ;
– sécuritaire : on laisse se développer des formes de violence dans certains quartiers.

En décrivant simplement cette réalité, on retrouve certaines leçons des années 30, mais pas celles de notre Président.

D’abord, Emmanuel Macron est aussi aveugle sur le péril islamique que certains dirigeants des années 30 l’étaient face aux nouvelles idéologies totalitaires.

Ensuite, comme Briand, il ne voit de remède à nos problèmes que dans une Europe fédérale. Or, l’Europe dont rêvait Briand a été réalisée, avec certains succès mais aussi des failles que nous découvrons aujourd’hui à nos dépens. Briand ne pouvait pas les prévoir ; Macron devrait les voir.

En fait, il y a une analogie très profonde entre les années 30 et aujourd’hui, mais elle est redoutable pour Emmanuel Macron. Aristide Briand n’avait pas d’enfant. Comme Emmanuel Macron et Angela Merkel. Mais, conscient de la faiblesse démographique française, il disait faire la « politique de notre démographie », c’est-à-dire une politique d’accommodements avec l’Allemagne, deux fois plus peuplée, avec pour horizon, malgré les facteurs flagrants de danger, le mythe de la SDN. Cette politique ne fit que renforcer le nazisme en Allemagne. D’autant plus que les dirigeants français des années 30 furent lents à développer une véritable politique nataliste et familiale : le Code la famille ne fut instauré qu’en… 1939.

Or, le danger islamiste a aussi une dimension démographique. En cautionnant la politique d’ouverture des frontières à une immigration majoritairement musulmane, Emmanuel Macron accroît des déséquilibres démographiques qui seront rapidement lourds de conséquences pour la France et l’Europe. S’il fallait chercher des repères dans le passé pour penser les tensions actuelles, il faudrait fournir à notre Président des bibliographies, non pas tant sur les années 30 que sur l’islam, les conflits impliquant des États ou des communautés musulmanes, les rapports entre Europe et monde musulman.

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