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Macron, c’est Tintin

Colonel à la retraite
 

Emmanuel Macron, c’est comme Tintin. Et, comme l’explique le ministre Taillard de Vorms, alias Thierry Lhermitte, dans le film Quai d’Orsay, « Tintin, c’est le rythme… Le rythme “Tac tac tac tac tac”. Une case en amène une autre (tac tac tac), quand vous arrivez au bord de la page (tac), on vous emmène à la case du dessous (tac)… jusqu’en bas de la page… Et la page se tourne ! Vous êtes pris par la musique ! Vous ne pouvez pas faire autrement. Et là… plaf ! Sur toute la page, vous voyez une fusée… Gigantesque. »

Il y a deux semaines : Jean-Pierre Pernaut (tac), puis la guerre en Syrie (tac tac tac) et pour clore cette séquence hebdomadaire, l’interview avec Bourdin et Plenel, du tac au tac. Passons rapidement sur la page Notre-Dame-des-Landes et la ta ca ta ca tique des gendarmes dans leur chasse aux zadistes. Et puis suit une grande page européenne avec un discours devant le Parlement de Strasbourg. Bon, là, Tintin s’est fait un peu tacler par un insolent député belge qui a osé offrir une corde à notre premier de cordée. Pour aller au Tibet ? Et maintenant, une double page. Carrément. Magnifique. Pas de fusée, mais un avion. Un avion pour l’Amérique. « L’avion décolle des Champs-Élysées », pour reprendre un tube des années 80. Visite d’État. Fanfare, drapeaux, nœuds papillon, les petits plats dans les grands, and so on. Washington, me voilà !

Au passage, un petit rappel des visites d’État d’antan, histoire de s’inscrire dans l’Histoire et la lignée. De Gaulle-Eisenhower, Pompidou-Nixon – une visite qui faillit tourner vinaigre -, Giscard-Ford, Mitterrand-Reagan, Chirac-Clinton, Sarkozy-Bush – mais ce n’était pas une visite d’État -, Hollande-Obama. Et aujourd’hui, Macron-Trump. Évidemment, les irrévérencieux diront, là, que ce n’est pas Tintin mais Milou en Amérique. On leur rétorquera immédiatement que Milou n’est pas un caniche mais un fox-terrier à poil dur.

Que du bonheur, donc, pour BFM TV. Gros plan sur la porte de l’avion, frappée des armes de la République française. Ruth Elkrief est au bord de la pâmoison.

Il apparaît. « Gigantesque. » N’exagérons pas.

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