Politique

« Macron ? C’est que d’la com’ ! » Vraiment ?

Voyageur
 

Une fois n’est pas coutume, commençons par citer Marine Le Pen. En de nombreuses occasions, la finaliste de l’élection présidentielle de 2017 l’a dit et répété : « Le peuple a toujours raison. » On la comprend : ce principe est le fondement de la démocratie. Posons ça dans un coin, voulez-vous ?

« Fast forward » jusqu’à cette semaine. Édouard Philippe et Emmanuel Macron font une remontée spectaculaire dans les sondages. Tellement spectaculaire, en fait, que c’est même une première historique : jamais, en temps de paix, un président de la République passé sous la barre des 50 % de satisfaits n’était remonté au-dessus. Et de quelle façon ! Le Président Macron totalise 54 % de satisfaits. C’est évidemment à droite qu’il obtient son meilleur score : 70 % d’adhésion chez les sympathisants LR-UDI. Merci, la loi Travail. « Je fais ce que je dis. » Ben oui. Et ça paie.

Or, qu’entends-je chez l’ancien vendeur d’assurances Bourdin ? Qu’ouïs-je dans la bouche de Louis Aliot, chevalier des bons plaisirs de madame Le Pen ? Sommé d’expliquer la popularité croissante d’Emmanuel Macron, celui-ci n’a d’autre explication qu’un piteux « C’est la communication. » Sérieusement ? C’est ça, votre analyse stratégique ? C’est comme ça que vous comprenez le plus grand chambardement du monde politique depuis 1958 ? La communication ? C’est un peu court, jeune homme, non ?

Enfin, bref, tout ça pour mettre le doigt sur ce qui fait mal : chez les Le Pen, le peuple a raison, sauf quand il ne balance pas du « bon côté ». Là, d’un coup, le même peuple, il aurait presque tort ! C’est fou, l’effet de « la communication », hein ?

Allez… on galèje, on galèje, et pendant ce temps-là, le monde change. L’intégralité de la classe politique est ringardisée – Dieu, que c’est bon ! – et les mots mêmes de « droite » et « gauche » ont perdu toute substance. Remarquez, là, Marine Le Pen y a bien participé. Avec un axe « candidate des travailleurs » qui fait bâiller tout bon électeur de droite biberonné aux couvertures Reagan-Thatcher du Fig-Mag des années 80 (ça, c’est moi), tout en étant étiqueté « extrême-drooouuuaaaaate » par les médias, vas-y pour comprendre le sens des mots ! De droite, des gens qui s’offusquent de la loi Travail ? De droite, des gens qui n’ont que haine rigolarde pour « la start-up Nation » ? De droite, des faux dévots qui n’ont que mépris pour le catholicisme quand les dentelles ne servent pas leurs intérêts ? De droite ? Arrêtez de me chatouiller, je vais finir par rire.

Et c’est pareil à gauche. De gauche, Emmanuel Macron ? Soyons sérieux. Il est plus à droite que Valéry Giscard d’Estaing, le dernier Président pas trop à gauche ayant habité l’Élysée. Plus à droite que Macron, y a que Pétain. Ou Charles X.

Les politiques du siècle dernier ne comprennent rien de ce qui plaît aux Français de 2017. Ils n’ont pas les mots clefs. Ils n’ont pas le ressenti. Ils sont collés aux schémas d’antan. D’hier. De ce matin. Déjà périmés. Des soviétoïdes Taubira, Belkacem, Hamon aux néocommunistes Philippot, Le Pen, Aliot, en passant par les clowns Juppé, Pécresse, Copé, ils sont tous à la ramasse. Ils sont perdus. Ils ont perdu.

En écoutant Emmanuel Macron expliquer à Laurent Delahousse que la consommation des médias chez les plus jeunes n’était plus linéaire et que l’audiovisuel public devait donc travailler sa convergence numérique, je m’amusais à imaginer ces mots dans la bouche des statues de cire qui peuplent encore le monde politique. Vous imaginez Alain Juppé prononcer cette phrase ?

Alors, perdus, ils n’ont plus qu’un mot à la bouche. « Communication. » Il est « fort en communication. » Les gars, laissez tomber. Le Président Macron est juste, tout simplement, celui dont les Français avaient envie. Et ils sont ravis de leur choix. Il va falloir vous y faire. C’est aussi simple que ça.

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