Macron, en Australie, dépeint en Pépé le Putois : c’est vraiment « delicious » !

Emmanuel Macron, pour remercier ses hôtes australiens de leur accueil, a qualifié l’épouse du Premier ministre de « delicious » : « Thank you and your delicious wife for your warm welcome », s’est-il exclamé, dans un anglais qui eût été parfait sans l’utilisation d’une épithète qui ne s’emploie guère que pour un plat, ou avec une connotation sexuelle. Le Premier ministre australien est resté impassible. Quelle eût été la réaction de notre Président si, lui retournant le compliment, il avait dit de Brigitte, en français, qu’elle était appétissante ou aguichante ?

La presse et les réseaux sociaux anglophones s’en sont donné à cœur joie, se gaussant de « la bourde merveilleusement délicieuse de Macron » (« Macron’s slip delightfully delicious »). Le Daily Telegraph le compare à Pépé le Putois (Pepé le Pew), un personnage de dessin animé célèbre aux États-Unis, qui incarne le stéréotype du Français pour les Anglo-Saxons : séducteur, dragueur, tactile, un tantinet pesant, avec une hygiène laissant à désirer.

Les commentaires qu’on peut lire sur Internet sont tantôt indulgents : on le compare à d’autres présidents, notamment François Hollande, qui ne savait pas aligner trois mots d’anglais ; ou l’on juge plus important qu’il ait signé des contrats commerciaux (c’est fou comme les chefs d’État modernes se muent en commis voyageurs !). Tantôt plus sévères : on estime qu’il pourrait aussi exporter la langue française.

On pourrait, cependant, se demander si cette erreur de vocabulaire, à défaut d’être une lacune ponctuelle, ne serait pas un lapsus révélateur de sa personnalité – un acte manqué, comme dirait Freud. Notre Emmanuel, qui s’éprit à quinze ans de Brigitte, son professeur de théâtre, serait-il un être en manque d’affection ? Voyez comme il câline régulièrement les dirigeants étrangers, leur pressant le dos, les tapotant de ses doigts, au point de les gêner parfois.

Souvenez-vous de sa rencontre avec Donald Trump, lors de sa visite d’État à Washington : que je te donne l’accolade, que je te serre dans mes bras, que je t’embrasse… Trump en avait presque la larme à l’œil, tandis que, dans un geste attentionné, il lui retirait les pellicules de sa veste. De quoi rendre Melania jalouse, et même Brigitte, qui veille comme une mère sur son prince.

Emmanuel Macron, qui fait la promotion de la francophonie devant les francophones, aime briller dans la langue de Shakespeare, même s’il n’en connaît pas toutes les subtilités. Au point de semer, dans ses discours en français, des anglicismes. Récemment, en marge de la présentation de son plan sur l’intelligence artificielle devant le Collège de France, il a qualifié, dans un tweet, la démocratie de « système le plus bottom up de la Terre ». Ne trouvez-vous pas que la démocratie en sort renforcée ?

S’est-il pris les pieds dans le franglais ? Non ! C’est, pour lui, tout naturel. Tout comme il est mondialiste en politique, il est mondialiste en linguistique, c’est-à-dire au service de l’anglais, qu’il considère comme la langue internationale, surtout en matière commerciale. Le rapport avec son lapsus ? Le mot « commerce », avant de désigner la vente ou l’achat de produits, signifie la fréquentation de personnes, jusqu’aux rapports intimes. Il paraît que ses gestes d’affection font partie de son arsenal de séduction politique.

Finalement, Macron est cohérent avec lui-même : il fait toujours du commerce. Il fait du commerce avec l’Australie, du commerce avec Trump, du commerce avec Brigitte, du commerce avec l’Europe, du commerce avec le monde entier. Il n’y a qu’avec les Français, apparemment, que le commerce ne marche pas !

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