M. Wauquiez, soyez de droite !

Romancier, écrivain, blogueur
 

Dire que la dernière élection présidentielle a vu l’éclatement de la droite est un doux euphémisme.

En vérité, ce n’est pas tant l’idéologie de droite qui s’est vue détruite, mais plutôt un système des partis ayant atteint ses limites.

Ainsi, Nicolas Dupont-Aignan est resté cantonné à la place médiatique qu’on veut bien lui accorder, sous-estimé permanent qu’il est.

François Fillon a dû traîner deux types de casseroles : les « affaires » et un parti regroupant des gens comme Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, qui ont autant en commun que Christine Angot avec le sens de la mesure.

Reste le cas du Front national, faisant lui aussi le grand écart entre le Grand Soir social de Florian Philippot et la base historique dure du parti. Le débat de l’entre-deux-tours ayant fini de prouver que Marine Le Pen était une erreur de casting qui n’accéderait jamais au pouvoir suprême.

Puisqu’on en est à parler de casting, je souhaite m’adresser à vous, Monsieur Wauquiez. Passée cette introduction sur les performances des uns et des autres, il est évident que, si les scores électoraux de la droite n’ont pas été à la hauteur des espérances de bien des Français, l’idéologie demeure ; elle est même majoritaire. Le score cumulé des partis évoqués est de 46 % au premier tour. En retranchant (soyons généreux) 10 % dans lesquels nous mettrons les purs et durs du FN et les « constructifs » mous de LR, il nous reste une belle base de 36 %, de quoi faire passer le score de Macron pour une plaisanterie.

Monsieur Wauquiez, vous avez une chance unique, celle de refonder la droite, réellement cette fois-ci. Assez d’accommodements raisonnables, assez d’avoir envie de plaire à la gauche et aux médias, assez des demi-mesures. La droite, ce n’est pas sale ni honteux. Il faudra du courage, celui d’aller contre une partie de votre camp déjà. Allez-vous vous laisser dicter votre programme par des gens comme Jean-Pierre Raffarin ou autres qui n’ont pas assumé la campagne de François Fillon et se sentent plus proches d’En Marche ! que des thématiques de droite ? Allez-vous aussi promettre un Kärcher qui ne trouvera jamais son bouton « on » ? Allez-vous reculer sur vos positions pour aller chercher un consensus qui ne satisfera personne ?

Vous souhaitez être le candidat des classes moyennes, de la France silencieuse, et vous avez raison.

Cette France existe, elle est même majoritaire. C’est la France du « out », celle qui n’a pas créé de startup, celle qui gagne juste assez pour vivre dignement, mais trop pour prétendre aux aides et trop peu pour payer l’ISF. C’est la France qui regarde les clandestins obtenir des indemnités journalières pendant qu’eux doivent baisser la tête devant leurs revendications communautaristes. C’est la France qui se lève tôt, comme disait un autre, pour travailler sans profiter du fruit de leur labeur. C’est la France rurale qui se suicide face aux normes et à la dérégulation européenne.

Nous sommes toutes ces France-là.

Si nos attentes sont incommensurables, notre déception le serait tout autant. Nous avons été trop trahis, la dernière fois en date, un dimanche à 20 h 3 où le candidat LR nous a dit, béatement, que le combat n’avait servi à rien, que l’on devait voter pour Macron, avant que deux de vos anciens amis ne rejoignent carrément ce gouvernement des élites, quand les autres souhaitent également collaborer à cette destruction organisée.

Si vous restez droit, cette France sera à vos côtés. Pour cela, plus de demi-mesures, plus de reculades, plus de honte. Soyez de droite, enfin.

POUR ALLER PLUS LOIN