Editoriaux - Santé - 1 décembre 2018

Lutte contre le SIDA : l’appel fait à Macron

On a longtemps commémoré le saint du jour ; aujourd’hui, on célèbre la journée de ceci ou de cela, et surtout de n’importe quoi. Ainsi, la date de l’assassinat de Louis XVI est-elle devenue la journée nationale « des câlins », précédant celle « des chips », le 22 janvier… Alors, ce 1er décembre, c’était la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.

À cette occasion, plusieurs associations ont lancé à Emmanuel Macron un appel pour « vaincre le SIDA en une génération ». Un objectif bien modeste pour l’homme qui se propose de réguler la chaleur du soleil, même si les taxes indispensables à cette mission commencent à agacer dans les campagnes et sur la plus belle avenue du monde.

Les humanitaires recommandent de « partout généraliser l’accès à la prévention (éducation complète à la sexualité, préservatifs, PrEP), au dépistage et aux traitements ». Bien sûr qu’il faut faire une place à la prévention du SIDA, mais entre celles de la toxicomanie, de l’alcoolisme, du tabagisme, de l’obésité, du racisme, de l’anorexie, du cholestérol et des excès de vitesse… il ne restera plus beaucoup de temps pour apprendre à lire. Au passage, le mystérieux PrEP consiste (pour les amateurs de roulette russe) à traiter préventivement, par prise de médicaments antiviraux, ceux « qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif lors de leurs rapports sexuels et qui sont à haut risque de contracter le VIH ». Un peu comme prendre systématiquement des antibiotiques avant de bricoler, des fois qu’on se blesse…

Autre injonction, « lutter contre les discriminations et les inégalités liées au genre, qui sont autant d’entraves à l’accès aux soins ». Alors là, il faut vraiment que l’on nous dise quels sont les cabinets, cliniques ou hôpitaux qui refusent de prendre en charge les séropositifs !

Mais comme souvent, quand des gens de si bon cœur se manifestent, les pépètes ne sont jamais loin : « Le 10 octobre 2019, vous accueillerez à Lyon la 6e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial. C’est un signal fort, une opportunité unique pour faire de la France la cheffe [sic] de file d’un monde plus juste, plus stable et plus égalitaire. » Et tant qu’on y est, pourquoi se limiter au VIH et ne pas étendre l’espoir à « un monde débarrassé du SIDA, de la tuberculose et du paludisme » ? Ces deux derniers fléaux que des générations de mâles blancs s’étaient efforcés d’éradiquer d’Afrique jusqu’au milieu du XXe siècle et qui nous reviennent aujourd’hui en boomerang, en bateau et sans quarantaine.

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