Revenu universel : équité ou assistanat ?

Informaticien
 

Avec l’augmentation de la pauvreté, les difficultés à trouver un travail et les évolutions technologiques ou robotiques influençant les gains de productivité, Mme El Khomri, ministre du Travail, s’est vu remettre le 6 janvier dernier un rapport du Conseil national du numérique renforçant l’idée de fournir un revenu universel à tous les Français, dont 60 % des sondés approuvent le concept.

La Finlande (et son gouvernement de… droite) va mettre en place cette révolution sociale en 2017.

S’il s’agit, pour certains, d’une utopie, ce revenu de base devient une garantie sans aucune condition, permettant un niveau de vie davantage décent, de manière inconditionnelle et égalitaire entre les citoyens, et se substituant à toutes les allocations sociales existantes.

Si la réflexion s’accélère, faisant suite aussi à une volonté européenne, l’idée de la mise en place d’un revenu universel (d’un montant de 750 €) ne date pas d’aujourd’hui puisque Napoléon ou Martin Luther King l’avait soutenue.

Bon nombre d’élus, de gauche comme de droite, y sont favorables, même si cette réforme libérale ne pourrait pas être une solution.
Tout d’abord, comment la financer ? À travers la suppression de toutes les allocations sauf l’assurance-chômage, à travers une augmentation fiscale malgré un taux déjà record en France, ou l’augmentation des taxes des entreprises qui entraînerait du licenciement ou une perte de croissance économique. L’effet pervers pourrait être le risque d’inflation, également une baisse des salaires ou une mise à temps partiel puisqu’une compensation financière existerait.

Hormis garantir une sécurité, louable, à chaque citoyen, est-ce que ce revenu n’encouragerait pas la fainéantise pour ceux qui ne travaillent pas, pour ceux qui travaillent au noir, sans remplir des missions d’intérêts communautaires ? Une forme d’assistanat protégé et légal, assouplissant la nécessité de se battre dans le monde professionnel.

Le progrès social doit-il permettre à des citoyens de travailler décemment et de prendre part aux bénéfices des entreprises ou de travailler à temps partiel parce que le salaire sera compensé par ce revenu universel ? La relance de l’économie passe-t-elle par cette aide ou par une relance de la croissance des entreprises, via une baisse de la fiscalité leur permettant de produire et d’embaucher ?
Les duels entre les économistes et les politiques vont susciter l’intérêt général.

Dans une société digne qui ne laisse personne en chemin, ce revenu peut s’avérer essentiel. Mais dans une société qui doit vivre du partage des fruits de notre économie, n’entraînera-t-il pas davantage d’individualisme et d’oisiveté ? Ce qui semblait une utopie hier pourrait devenir une réalité demain.

Ludovic Demathieu
Informaticien

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