Et si l’on parlait de la menace chinoise ?


Député européen du groupe ENL

 

« Chine : une croissance plus forte que prévu mais une dette inquiétante », titre Le Figaro du 17 juillet. « La Chine privilégie la croissance plutôt que les réformes économiques », titrent Les Échos du 18. « Record de production d’acier et d’aluminium » à 73,2 millions de tonnes d’acier en juin. Alors que Pékin s’était pourtant engagé à réduire ses énormes surcapacités. Les producteurs d’acier ont profité de la nette amélioration des prix depuis janvier : +25 %.
 
Aucun Occidental n’a le droit de détenir la majorité du capital d’une entreprise chinoise et on laisse les Chinois absorber toutes les entreprises qu’ils veulent. Normalement, il devrait y avoir le principe de réciprocité. Pourquoi nos hommes politiques sont-ils si naïfs ?
 
Les Allemands sont moins naïfs : « Allemagne, Berlin veut se protéger face aux investissements chinois », rapportait Le Figaro du 13 juillet. « L’Allemagne adopte un décret qui renforce le pouvoir de veto face aux investisseurs étrangers. » En 2016, la Chine a acquis 58 entreprises allemandes pour 11,6 milliards d’euros. L’entreprise KUKA, producteur de robots industriels, avait été rachetée par les Chinois pour 4,5 milliards d’euros.
 
Grâce à nos méga-capitalistes, la Chine est devenue « l’usine du monde » produisant des chômeurs par millions et des dettes gigantesques en Occident (quand on ne produit plus, on doit emprunter pour nos États-providence).
 
Mais le problème principal de la Chine, outre la pollution, est son endettement colossal. « Tous secteurs confondus (entreprises, ménages, État et collectivités), celle-ci dépasse 260 % du PIB, contre 140 % avant la crise de 2008. »
 
François Lenglet était plus pessimiste, dans Le Point, en mai 2013 : « État, provinces et entreprises publiques auraient accumulé un endettement de 200 % selon les estimations de la Northwestern University. » Soit le double de la France ou des États-Unis. Il estimait que les collectivités publiques n’arrivaient pas à payer les seuls intérêts. Il écrivait que le statu quo « conduit tout droit à une crise financière qui fera passer les subprimes pour une plaisanterie ».
 
L’économiste Patrick Artus estimait, en août 2015, dans Le Temps, que la croissance réelle tournait autour de 2 %. Il estimait qu’on était face à « une crise[…] structurelle durable ».
 
Nouriel Roubini, l’économiste qui avait prévu la crise de 2008, écrivait dès 2011 : « La Chine va perdre le pari de la croissance », se fondant sur les surinvestissements qui avaient pallié la chute des exportations en 2008 et le problème crucial des défauts de paiement. « Toutes les périodes d’investissements excessifs – en particulier dans les années 90 en Asie de l’Est – se sont terminées par une crise financière et/ou une longue période de faible croissance. »
 
La Chine et les émergents s’effondreront-ils avant l’Occident ?

Député européen du groupe ENL

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