L’omerta du lobby éolien se fissure


Mathématicien, chercheur en énergies renouvelables

 

Le sénateur John Madigan a remis à la presse le rapport intermédiaire du Sénat australien sur les effets sanitaires des éoliennes industrielles (IWT, Industrial Wind Turbines). On y lit que les sénateurs ont été profondément affligés par les propos et les méthodes du lobby des énergies renouvelables, des promoteurs et des fabricants d’IWT, de certains fonctionnaires ou membres du personnel académique qui tournent en dérision et raillent les victimes – victimes qui tentent de décrire leurs souffrances.

Les sénateurs australiens se déclarent sensibles aux malheurs des familles qui ont dû fuir leur maison et qui, faute de moyens, errent dans la misère. Une famille a dû fuir une maison occupée depuis cinq générations ! À distance des IWT, constatent les sénateurs, la plupart des victimes guérissent. La thèse du « nocebo » présentée par le professeur Simon Chapman n’est pas retenue. Chapman qualifie le « syndrome éolien » de « maladie de communication », donc d’origine psychologique et générée par le fait qu’on parle des IWT.

Les sénateurs estiment que des normes doivent être établies afin d’éviter les souffrances bien réelles des victimes. L’État australien a pris position : ces normes devront être respectées.

Le rapport concerné est évidemment beaucoup plus long et il s’agit ci-dessus de l’essentiel des § 13 à 16 et LA question que tout le monde peut se poser est : comment a-t-on pu installer 200.000 IWT dans le monde sans que des normes objectives soient fixées pour protéger les populations de ces machines qui, de plus, vivent à 50 % d’aides de l’État ? Il y a même un État, le Québec, qui construit et installe des IWT alors qu’il est « noyé » dans l’électricité de ses barrages !

Une escroquerie peut durer des décennies. Pour qu’elle cesse, il faut qu’un individu courageux trahisse l’omerta, la loi du silence, et porte à la connaissance du public le contenu des documents internes de l’entreprise où il apparaît que les escrocs savent parfaitement qu’ils nuisent.

C’est ce qui est arrivé en Australie où Pacific Hydro a confié à un acousticien, Steven Cooper, une enquête auprès de victimes d’IWT. Les 1.000 pages de son rapport témoignent des dégâts liés aux IWT et montrent qu’il s’agit plus d’effets cumulatifs que de sensibilité immédiate et sur cette base, Pacific Hydro s’est permis d’affirmer qu’il n’y avait aucun lien entre les infrasons des IWT et les plaintes des victimes.

C’est pourtant le rapport de Steven Cooper qui a déclenché l’enquête du Sénat australien, dont le rapport final sera présenté au mois d’août 2015. Pour la première fois, une autorité politique s’inquiète de la santé des citoyens face aux IWT ! Précisons que, questionné par le Sénat, Steven Cooper a signalé que son contrat lui interdisait d’utiliser les éléments de son travail. Par « privilège », le Sénat lui a accordé le droit et le devoir de parler librement. Il n’est pas le seul à avoir parlé ! Le Sénat a reçu plus de 400 documents de victimes.

Déjà, le Sénat australien recommande la création d’un « Comité indépendant d’experts scientifiques sur le problème des bruits industriels » orienté vers les effets sanitaires des IWT. Il se déclare à la recherche de méthodes objectives pour quantifier les effets des infrasons des IWT. L’omerta ne sera pourtant pas facile à vaincre car le lobby éolien a les moyens d’imposer ses vues dans les médias… et il se sert de tous les procédés psychologiques connus pour conditionner le public.

Mathématicien, chercheur en énergies renouvelables

POUR ALLER PLUS LOIN