L’Occident peut-il encore se permettre d’être altruiste ?

Dans le magazine Marianne, Caroline Fourest déplore la dérive anti-immigrationniste insufflée par Jean-Luc Mélenchon, au sein de La France insoumise. Fourest aspire à une voie médiane, entre la « naïveté » et le « repli ». Soit à un altruisme humaniste, contrebalancé par une dose de réalisme, car « si l’immigration est une chance pour celui qui migre comme pour le pays qui l’accueille, elle représente aussi un défi ». Mais l’Occident peut-il encore se permettre d’être altruiste ?

Le biologiste Richard Dawkins, dans « Le Gène égoïste », définit l’altruisme comme une action qui augmente les chances de reproduction chez autrui aux dépens des nôtres. Un tel comportement a, en principe, peu de chance de se répandre via la transmission génétique, dès lors que les individus altruistes ont, en moyenne, une progéniture moins nombreuse que les individus égoïstes. Aussi une civilisation altruiste a-t-elle moins de probabilités de perdurer qu’une civilisation égoïste. La préférence étrangère étant une attitude lourdement sanctionnée par les lois de la vie.

Pour Dawkins, un acte altruiste observable dans la nature est souvent un acte égoïste déguisé. Inversement, notre politique migratoire correspond à un acte en apparence égoïste (accroître la compétitivité salariale, au bénéfice du patronat) qui est, en réalité, un acte altruiste, diminuant nos chances de survie au profit des extra-Européens. Si l’immigration du Sud peut être considérée comme une fuite des cerveaux des pays d’émigration – et, par conséquent, un acte altruiste –, elle leur permet surtout d’essaimer et de coloniser à moindres frais – ce qui en fait un acte égoïste.
Ainsi, notre civilisation de l’amour sans frontière va bel et bien à l’encontre des lois de l’évolution – pour Dawkins, « l’amour universel et le bien-être des espèces en général sont des concepts qui n’ont absolument aucun sens quand on parle d’évolution ».

En principe, l’altruisme intragroupe va de pair avec l’égoïsme intergroupes. Or, tout se dérègle lorsqu’on exige l’altruisme envers les autres cultures. On peut distinguer deux directions à la morale : celle qui s’adresse aux membres du groupe – la morale interne – et celle qui s’adresse aux étrangers – la morale externe. Quand la seconde se confond avec la première, le groupe perd sa « membrane plasmique » et, par conséquent, sa substance. Soit l’abolition de toute discrimination entre l’intérieur et l’extérieur, entre le « nous » et le « ils ».

Le biologiste Claude Combes l’exprime ainsi : « La vie de la cellule nécessitait cette “perméabilité sélective”, comparable à celle observée à la frontière d’un pays ou au seuil d’une maison. » De fait, « la formation de la membrane cellulaire est la première affirmation du « moi » dans l’histoire de la vie : tout se passe comme si la cellule proclamait […] : je suis moi ; tout ce qui est extérieur à moi est un non-moi ; je ne veux avoir avec non-moi que les échanges que je déciderai moi-même ; et je vais tout faire pour que moi sorte vainqueur de toute compétition avec non-moi ».

Si même les populistes de droite ont mauvaise conscience à jouer le rôle d’anticorps impitoyables (où sont les 500.000 expulsions promises par Matteo Salvini ?), le dépérissement de la cellule Occident risque d’être un spectacle plus court que prévu.

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