Livre

L’Homme qui inventa le XXe siècle : Nikola Tesla, le génie oublié de l'électricité

de Robert Lomas

Journaliste, écrivain et essayiste.
 

Qui se souvient encore de Nikola Tesla ? Un livre extraordinaire répare l’oubli dans lequel est tombé l’inventeur. L’auteur Robert Lomas aborde de nombreux aspects de la vie de l’ingénieur : histoire des sciences, économie, gestion des innovations, qui ont tous un grand intérêt pratique. Mais le plus étonnant est qu’il évoque ce que j’appellerai le tremblement ou la transe de l’intelligence, que ceux qui l’ont approchée une fois, si peu que ce soit, ne peuvent oublier, et que Nikola Tesla vivait apparemment sur un mode permanent.

Cet inventeur serbe, né en 1856 dans l’Empire austro-hongrois, tôt émigré aux États-Unis, est un génie de la technologie plus encore que de la théorie. Pas aussi empirique, tout de même, qu’Edison, avec lequel il entre vite en conflit. « Chacun croit que Thomas Edison a inventé l’éclairage électrique, Guglielmo Marconi la radio et George Westinghouse la première centrale hydraulique, écrit la sympathique éditrice, Natacha Pejin. Eh bien, c’est faux ! Toutes ces inventions sont le fruit de l’imagination et du travail visionnaire de Nikola Tesla, génie excentrique et tourmenté, malchanceux et arnaqué. »
 
La variété des sujets abordés fait pardonner des erreurs du livre, comme un condensateur devenu « compensateur », et une rédaction par moments hasardeuse avec redites, retours, etc. On note également quelques manques scientifiques : sur le débat avec Einstein, sur l’absence complète de Maxwell et de ses équations pourtant antérieures.

Néanmoins, l’ouvrage reste exceptionnel par ses qualités de vulgarisation (vraiment à la portée de tous), et passionnant pour son actualité : on y voit le banquier J.P. Morgan, soi-disant « gentleman financier », dépouiller Tesla de ses brevets pour une bouchée de pain, concurremment avec le « gentleman industriel » Westinghouse, en lui faisant miroiter le financement de ses coûteuses recherches. Banquier qui est à l’origine de la présente financiarisation de l’économie et de la science, comme de leur mondialisation destructrice.

Pour acheter ou offrir ce livre...
cliquez ici !

POUR ALLER PLUS LOIN