Livre

Le sens de l'écologie politique - Une vision par-delà droite et gauche

de Antoine Waechter et Fabien Niezgoda

 

Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant (MEI) et Fabien Niezgoda, professeur d’histoire-géographie et conseiller municipal au sein de sa communauté de Saint-Dié-des-Vosges, clarifient « le sens de l’écologie politique » dans un ouvrage éponyme, rompant avec l’opportunisme des partis.

Loin d’être un prétexte électoraliste, l’écologie est d’abord une « science de la complexité des systèmes », reposant sur des aspirations essentielles. On songe à saint François d’Assise (XIIIe siècle, alors que l’Occident s’urbanise), connu pour son Cantique de Frère Soleil :

« Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,/spécialement messire frère Soleil./Par qui tu nous donnes le jour, la lumière… »

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C’est dire que l’écologie politique, s’enracinant dans une démarche scientifique, ne relève pas des seuls travaux de naturalistes, de Carl von Linné (auteur du premier classement moderne des espèces au XVIIIe siècle), voire de la science humaniste et romantique du génial Alexander von Humboldt (lequel dédicaça l’un de ses volumes de géologie à Goethe), aux travaux contemporains d’Edward Wilson sur l’organisation « sociale » des fourmis.

L’écologie s’enracine, plus profondément, dans l’expérience de la beauté des êtres qu’elle vient à son tour éclairer, nous permettant d’approcher la complexité du vivant, de la pollinisation des champs par les insectes à la psychologie des mammifères. Si l’écologie nous aide à saisir l’utilité de la biodiversité, par exemple dans le domaine pharmaceutique, elle accompagne d’abord notre questionnement du sens et de la valeur des choses. Que vaut donc un arbre ? A-t-il uniquement une valeur marchande ? On conçoit sans peine l’absurdité d’une réponse qui négligerait, sinon nierait l’importance de l’expérience esthétique que peut procurer une véritable forêt. En tant que tel, l’arbre apparaît comme un enjeu de civilisation.

Conséquents et pondérés, les auteurs nous invitent ainsi à dépasser l’anthropocentrisme, le seul point de vue de l’espèce humaine, désormais dominé par la logique technicienne, utilitariste et rationaliste héritée des Lumières, historiquement justifiée par un mythe du progrès dont les effets destructeurs furent analysés et dénoncés par Bernard Charbonneau (Le Système et le Chaos. Critique du développement exponentiel, 1973) ou Jacques Ellul (Le Système technicien, 1977), jusqu’à la critique récente de la « Mégamachine occidentale » par Serge Latouche.

L’écologie telle que la présentent Antoine Waechter et Fabien Niezgoda, cette « pensée politique adossée à une sensibilité » irréductible à la gauche comme à la droite, « conservatrice et révolutionnaire » à la fois, pourrait ouvrir la voie à la refondation de notre champ politique. Pour l’espèce, les communautés et les personnes concrètes, existe-t-il une alternative ?

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