Editoriaux - Livres - 20 décembre 2018

Livre : Délivrez-nous du bien !, de Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint

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Qu’il s’agisse de MeToo, de colonisation, de prostitution, d’islamophobie… de climat ou de diesel, j’ai depuis un bout de temps l’impression de vivre le 1984 de George Orwell… sous une forme adoucie, oui, mais combien de temps encore restera-t-elle adoucie ? Gorbatchev semble croire qu’elle peut rester – contrairement à ce qui s’est passé en URSS – plutôt souriante, mais rien n’est sûr et je recommande le livre de Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint à ceux qui voudraient se rendre compte de ce qui se passe à l’heure actuelle en matière de liberté, de droits de l’homme, dans le pays qui a inventé les Lumières, le pays où la liberté est le bien le plus précieux.

Non, Polony et Quatrepoint ne parlent pas de tous les sujets actuellement soumis au politiquement correct. Climat ou diesel, par exemple, ne sont pas abordés mais les sujets qu’ils ont choisi de développer doivent nous inciter à nous intéresser aux autres, à utiliser notre esprit critique. Leur message est clair et se trouve sur la couverture du livre, sous le titre « Halte aux nouveaux inquisiteurs ».

C’est à nous de dire stop à tous ceux qui ont intérêt à nous raconter des fables qui leur rapportent argent et soumission.

Le livre est convaincant par le nombre d’exemples, par la folie qu’ils montrent, et mieux qu’un commentaire, voici un petit extrait :

« L’Histoire n’est pas un objet juridique. Dans un État libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. » […] Pierre Nora, dans un long article du Monde, part en guerre contre les lois mémorielles : « La loi Gayssot avait sanctuarisé une catégorie de la population, les Juifs ; la loi Taubira une autre catégorie, les descendants d’esclaves et déportés africains ; la loi actuelle en fait autant pour les Arméniens. La France est de toutes les démocraties la seule qui pratique ce sport législatif. Et le plus tragique est de voir l’invocation à la défense des droits de l’homme et au message universel de la France servir, chez les auteurs, de cache-misère à la soviétisation de l’Histoire. Les responsables élus de la communauté nationale croient-ils préserver la mémoire collective en donnant à chacun des groupes qui pourraient avoir de bonnes raisons de la revendiquer la satisfaction d’une loi ? Faut-il leur rappeler que c’est l’Histoire qu’il faut d’abord protéger, parce que c’est elle qui rassemble, quand la mémoire divise ? (Le Monde, 28 décembre 2011). »

Robert Badinter, qui a toujours été hostile à la loi Gayssot, met en garde, lors du débat sur le génocide arménien, en 2012 : « Si la digue des principes constitutionnels devait céder aujourd’hui, c’est à un raz-de-marée victimaire que vous seriez exposés, à une surenchère mémorielle, à ce que Pierre Nora qualifiait de victimisation généralisée du passé. »

Propos prémonitoires ! Car c’est de cette victimisation à outrance que se nourrissent les associations. Avec l’appui d’une partie de la classe politique et des médias (pp.80-81).

Les auteurs nous donnent de très nombreux exemples de victimisation. Certains frôlent le ridicule le plus complet et lire ce livre salutaire permet de savoir, de refuser d’être ridicule, de refuser la dictature du politiquement correct !

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