Blog - Editoriaux - Internet - Santé - Table - 25 mars 2017

Linky : Stéphane Lhomme, roi de la désinformation ?

L’avenir est aux compteurs communicants. Bien plus que de nouveaux gadgets censés représenter l’entrée dans la postmodernité, ces outils se font les relais d’une transition énergétique réussie et les garants d’une consommation électrique plus rationnelle. Pourtant, certains voient dans leur arrivée une menace existentielle. Une position adoptée par Stéphane Lhomme, militant antinucléaire au nouveau cheval de bataille : Linky.

Sur la Toile, Stéphane Lhomme n’en finit plus de dire tout le mal qu’il pense du compteur communicant d’Enedis (ex-ERDF). Menace sur la vie privée et la santé, Linky serait, selon lui, à l’origine de bien des maux. Des arguments pourtant balayés par nombre de tests.

Les thèses anti-Linky tournent en rond sur Internet et ont déjà un aspect éculé, mais les plus radicaux des militants savent jouer de vérités à moitié exposées pour faire le plein d’inquiétudes auprès d’internautes qui les pensent de bonne foi. Stéphane Lhomme fait partie de ces radicaux, mais ses méthodes plutôt efficaces pour critiquer Enedis et le compteur Linky commencent à être percées à jour…

Des critiques mal étayées :

Le blog Désintox de Mediapart souligne, dans un billet bien sourcé, les approximations en chaîne de ce critique. Des approximations et oublis qui n’ont d’autre but que de soutenir la thèse qu’il défend, à savoir que le compteur Linky est inutile, voire dangereux.

Ainsi, lors de ses prises de parole, Stéphane Lhomme aime prendre l’exemple de l’Allemagne pour appuyer ses dires. Mais si l’Allemagne a, finalement, renoncé à la généralisation d’un compteur semblable au Linky, ce n’est pas par manque d’intérêt pour le consommateur, mais parce que cela aurait été trop dispendieux à mettre en place dans un pays où cohabitent plus de mille fournisseurs d’électricité et presque autant de gestionnaires de réseau. En France, Enedis s’occupe d’environ 95 % du réseau électrique…

Et si notre critique souhaite se prendre au jeu de la comparaison, pourquoi ne pas plutôt aborder le cas de la Norvège ? Le pays des fjords, véritable champion des renouvelables (98 % de la production électrique norvégienne est issue des énergies renouvelables), a largement dit « oui » aux compteurs communicants. Aujourd’hui, ces appareils sont plus que jamais prisés par les Norvégiens, car s’inscrivant dans une stratégie où les énergies vertes règnent sans partage…

Par ailleurs, lors de ses « conférences », Stéphane Lhomme, armé d’un rétroprojecteur, présente sur grand écran des extraits d’articles, minutieusement choisis, destinés à étayer ses propos. Mais celui-ci se garde bien d’avertir ses spectateurs du fait que, deux lignes sous l’extrait sélectionné, l’auteur de l’article en question met à mal les théories avancées par notre anti-Linky…

Pourquoi choisir de dissimuler 80 % d’un texte pour n’en montrer qu’un court extrait sorti de son contexte ? La taille de l’écran, sans doute…