L’idéologie du genre fait de la propagande à la Métropole de Bordeaux

 

Assumons une certaine dose de schizophrénie. Censurer un spectacle a priori est une intolérable atteinte à la liberté de création et d’expression qui devrait nous faire nous lever tous ensemble contre un despotisme. Mais il est des propagandistes pour qui la fin justifie tous les moyens, même les plus abjects. Ils choisissent pour cibles ceux qui seront les plus vulnérables : les jeunes enfants. Pire encore : il est des collectivités publiques qui promeuvent (et subventionnent ?) de tels agissements.

Ainsi, la Métropole de Bordeaux encourage, via son site, les enfants de 5 à 8 ans à se rendre à un spectacle, « Fille ou garçon ? That is (not) the question ». Pasticher la plus célèbre réplique du théâtre mondial n’est pas le problème. L’argument est une dispute entre deux époux, souhaitant devenir parents, sur le sexe de l’enfant à naître qui est résolue grâce à une fée (la fée Ministe, ça ne s’invente pas) : pendant dix ans, le sexe de l’enfant sera inconnu de tous. L’enfant jouira, pendant ce temps, d’une liberté absolue…

Pas besoin d’être grand druide pour déceler, ici, un matraquage de l’idéologie du genre selon quoi le déterminisme naturel du sexe de naissance de chaque individu, intrinsèquement fasciste, ne doit en aucun cas s’imposer à la personne qui est libre de son choix souverain en la matière.

L’éducation doit ouvrir l’enfant sur le monde réel, lui donner les langages qui lui permettront de le comprendre et de s’y insérer en y étant heureux et en participant au mieux de ses possibilités. Stimuler l’imagination, ouvrir aussi l’esprit à l’appréhension du possible, de ce qui n’est pas, ou pas encore, est aussi du ressort de l’éducation, mais avec une ligne de démarcation stricte. La conjugaison nous donne des outils, les modes ; les mathématiques parleront d’hypothèses, etc. Ce n’est pas le recours à une fée qui choque, dans ce spectacle, c’est que cette fée puisse abolir le réel dans ce qui est structurant et essentiel pour la construction d’une personne.

Certes, l’intersexuation (anomalie anatomique) et la dysphorie de genre (qui n’est plus officiellement une pathologie – sous pression des lobbies ?) existent, mais le caractère marginal des occurrences fait qu’il serait peut-être opportun de ne pas en faire une sardine qui boucherait le port de Marseille. Mieux vaut, vis-à-vis des jeunes enfants, travailler à faire comprendre qu’une différence n’établit que très rarement une hiérarchie.

La formulation n’est pas de moi, mais du Dr Cyrulnik, bien plus compétent que moi en la matière : « Le genre est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas. » Est pervers celui qui sait dissocier le bien du mal et commet sciemment le mal. Est-ce aux autorités de la Métropole de Bordeaux de servir la soupe à ces propagandistes ? Curieuse façon de protéger l’enfance…

Je préfère une éducation et des politiques publiques qui apprennent à être. Pas à ne plus être ce que nous sommes pourtant.

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