Liberté liberté !

Madame Marlène Schiappa, secrétaire d’État en exercice, a souhaité que l’on divulgue le nom des donateurs dans la cagnotte ouverte pour aider le boxeur, redresseur de torts, Christophe Dettinger.

Un tel appel à la délation me rappelle, Madame le Ministre, dans la bouche d’un haut responsable du gouvernement, « les heures les plus sombres de notre Histoire » (retour à l’envoyeur).

N’empêche, face à la ténacité des opposants, avec vos appels publics à la punition du « délit de solidarité » (nouveau retour à l’envoyeur) avec les Français qui ont des fins de mois difficiles, on sent bien « que la parole se libère » (dernier retour à l’envoyeur). J’en veux pour preuve l’appel de l’ancien ministre de l’Éducation nationale (eh oui, de l’Éducation nationale !) Luc Ferry à autoriser l’usage des armes contre des manifestants, pacifiques dans leur immense majorité (armes non létales, précisa-t-il après coup – si je puis dire).

Face à cette montée d’un totalitarisme débridé, il est vital que les opposants fassent taire leurs querelles électoralistes et présentent un front confédéré ou s’engagent, à tout le moins, à une sorte de pacte de non-agression.

Il y a quelques décennies, les Français pouvaient écouter, sur de gros postes de TSF à lampes, le dimanche midi souvent, des chansonniers (métier disparu) dont la parole insolente était libre. Cette liberté s’éteignit dans les tumultes de Mai 68, les annonceurs et autres décideurs s’en trouvèrent très bien.

Il fallut attendre la popularisation d’Internet et la vague gilets jaunes pour que de nouveaux chansonniers talentueux nous rendent un peu de cette liberté d’expression. Merci, Antonin (« Débranche ta télé et enfile ton gilet »), merci, Marguerite (« Les Gentils, les Méchants »), merci !

Il est vrai que l’essor des réseaux sociaux et la possibilité de tout filmer avec son portable ne rendent pas facile le maintien du monopole de l’information orientée dans le bon sens et subventionnée par l’État et les grands comptes publicitaires.

Tenir les peuples en muselière devient de plus en plus difficile. Seul les ignares et les inconscients ne s’en rendent pas encore compte.

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