Libé et le flicage des gays : à quand l’étoile rose pour les députés ?

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Vous connaissez Libération : c’est un journal de « belles personnes ». Rien que des esprits ouverts, des natures consensuelles, généreuses. Militantes, aussi. En faveur de toutes les causes sociétales égalitaro-progressistes.

Ce faisant, Libération est, bien sûr, contre tous ceux qui ne sont pas pour. De façon militante, là aussi. Alors, à Libé, on n’hésite pas à balancer, mais attention, hein, pour notre bien à tous !

Sûrement un vieux réflexe de cette gauche qui tient absolument à faire notre bonheur, contre notre gré s’il le faut. Il y a bien des communistes pour affirmer encore que le goulag relevait d’une idéologie généreuse, comme les camps de rééducation du camarade Mao et ceux de son ami Pol Pot.

De sa période Mao/Pol Pot, Libé a manifestement conservé le goût de la dénonciation. D’où ce magnifique titre au lendemain des élections : « Législatives : un Parlement un poil plus gay. » En dessous, un chapeau accrocheur :

« Dimanche, au terme du second tour des législatives, cinq députés ouvertement homos ont été élus pour siéger à l’Assemblée nationale. Un record par rapport à la précédente législature, même si cela reste peu en comparaison avec nos voisins britanniques. »

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Notez l’expression : « ouvertement » homos. J’ai souligné à dessein. Sous-entendu : il y en a qui se cachent et on va les obliger à sortir du bois.

Le journaliste en remet une couche : « Ce dimanche, au terme du second tour des élections législatives, cinq députés homosexuels, à notre connaissance, ont en effet été élus ou réélus, soit deux de plus (seulement) que lors de la précédente législature. » Et de les passer en revue : 1 PS, 1 LREM, 1 LR et 2 FN, avant de revenir une nouvelle fois à la charge : « Ces députés ouvertement gays (tous des hommes) représentent un peu plus de 0,8 % des élus du Palais Bourbon. Une représentation minime si l’on compare avec les 45 députés ouvertement LGBT élus à la Chambre des communes la semaine passée, soit 6,9 % des députés britanniques. »

À y regarder de près, la démarche de Libération est particulièrement perverse. En effet, dénombrer les gays à l’Assemblée est le type même de pseudo-information racoleuse, en vérité rien d’autre qu’une atteinte à la vie privée des personnes concernées, chemin direct vers la délation.

Au prétexte de la transparence obligatoire et absolue, l’homosexualité devient ainsi une marque qu’il faudrait exhiber et sans doute arborer. On s’étonne, d’ailleurs, que le quotidien, si soucieux de débusquer ceux qui sont « ouvertement gays », ne leur suggère pas le port d’un ruban arc-en-ciel à la boutonnière comme d’autres, au temps du national-socialisme, les affublèrent d’une étoile rose. Et pourquoi pas une variante pour les bi-, trans- et autres dont un tel papier suggère, finalement, de circonscrire l’action à leur seule orientation sexuelle !

Ainsi le jeune Pacôme Rupin, élu macroniste dans la 7e circonscription de Paris (le Marais), dont France Info nous dit que « sans se considérer comme “un député gay du Marais”, il trouvera “normal de défendre les droits des LGBT” en particulier en luttant contre la transphobie ». Et l’élu de confier qu’il espère bien intégrer la commission des lois.

Bref, du communautarisme au cube…

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