Liban : Marine Le Pen a eu raison de refuser de se voiler !

Juriste

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

 

Lundi 21 février, Marine Le Pen était reçue par Michel Aoun, actuel président libanais ; démontrant par là qu’elle avait gagné l’envergure internationale qui sied à la fonction qu’elle convoite, et dont elle semble n’avoir jamais été aussi proche. Je ne m’appesantirai pas sur les tenants et les aboutissants des relations diplomatiques entretenues par la France au Proche et au Moyen-Orient, ou au Machrek, pour reprendre une vieille terminologie remise au goût du jour, mais force est d’admettre que la candidate Le Pen se montre inflexible avec l’ennemi principal auquel nous sommes confrontés dans la région, c’est-à-dire principalement l’État islamique et les divers soutiens de l’islam de combat.

La diplomatie est un art subtil. Il serait stérile pour la France, comme c’est malheureusement trop souvent le cas depuis dix ans, d’adopter une politique étrangère trop idéologisée. Pragmatique, Marine Le Pen pense avant tout à l’intérêt supérieur de la France. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a refusé de répondre à l’invitation qui lui était faite par le grand mufti de la République libanaise. De son nom Abdellatif Deriane, le susnommé grand mufti a demandé à Marine Le Pen de porter un voile pour le rencontrer en la mosquée Aïcha Bakkar. Condition à laquelle elle n’a pas voulu consentir.

Michelle Obama en avait fait de même en Arabie saoudite, sous les acclamations du Monde et de Libé, qui ne montrent pas les mêmes préventions à l’égard de Marine Le Pen… La polémique née autour de ce refus légitime me surprend. Comment lui donner tort ? Elle a agi comme il se devait, faisant respecter la voix de la France à l’étranger quand elle est bien trop souvent méprisée :

– En sa double qualité de candidate à l’élection présidentielle française et d’élue nationale au Parlement européen, Marine Le Pen représente notre pays lors de ses déplacements à l’étranger.

S’il est tout à fait admissible que les visiteuses lambda, touristes ou expatriées, aient l’obligation de porter le foulard islamique, il ne saurait en être question pour une personnalité en voyage officiel. Il ne s’agit, en aucun cas, d’un comportement irrespectueux. Le fameux adage qui veut qu’à Rome on fasse comme les Romains ne vaut pas en pareilles circonstances.

– Afin de ne pas froisser cet imam en le croisant tête nue dans une mosquée, Marine Le Pen a préféré annuler sa visite. Elle n’a donc pas forcé la main de son interlocuteur, préférant s’effacer. Ainsi, elle n’a pas mis de côté ses principes, lesquels n’ont pas à être à géométrie variable.

– L’an passé, lors d’un voyage au Caire, Marine Le Pen rencontrait le grand imam d’Al-Azhar, la plus prestigieuse institution religieuse du monde islamique sunnite. Ce dernier n’avait pas exigé de Marine Le Pen qu’elle apparaisse voilée pour converser avec elle.

– On ne demanderait pas à l’épouse d’un chef d’État musulman qu’elle se vête à l’occidentale lors d’une visite à Paris. De la même manière, nous ne nous offusquons pas des interdits alimentaires, ou des pudeurs, de certains officiels étrangers. Il y a, bien sûr, des limites. Par exemple : Nicolas Sarkozy n’aurait pas dû autoriser Mouammar Kadhafi à installer ses tentes dans les jardins de l’Élysée…

– Dernier point, et peut-être le plus essentiel : que n’aurait-on pas entendu si Marine Le Pen avait accédé à la requête de ce mufti ! Le message en eût été désastreux. Des jours, que dis-je, des semaines de polémiques s’en seraient suivies… Pour cette raison, je dis bravo à Marine Le Pen.

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SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

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