L’euthanasie, une bonne affaire pour qui ?

Il semble que la légalisation de l’euthanasie sera à l’année 2015 ce qu’a été pour l’année 2014 la légalisation du mariage homosexuel et la promotion étatique de la théorie du genre. Dès le 1er janvier, François Hollande l’a annoncée comme une bonne nouvelle dans ses bons vœux télévisuels. Fallait-il rattacher ce souhait funèbre à celui d’un « meilleur accompagnement des personnes âgées » ? Toujours est-il que les affaires allant bon train quand la motivation est grande, ce projet de loi est déjà en débat au Sénat.

C’est pourquoi une Manifestation pour la Vie a rassemblé dimanche plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris, dans l’indifférence générale des médias…

L’euthanasie est pourtant un sujet propice à déchaîner les passions. Il s’agit, en effet, d’une affaire de vie ou de mort. Or, je suis toujours surprise de voir combien nos contemporains sont prompts – au nom d’un humanisme supposé universel – à accorder à des institutions un droit de vie ou de mort sur leurs proches et eux-mêmes, sans considération de la réalité humaine, sociale et politique qui les entoure.

Comme la très grande majorité des Français, je peux bien sûr comprendre l’expérience tragique, physique et psychique de ce que l’on appelle « la fin de vie ». Admettons même qu’idéalement, cette « aide à mourir » fraternelle pourrait être assimilée à un humanisme.

Je dis bien idéalement… Car il y a loin des idéaux aux réalités humaines. Or, ce sont les réalités et non les idéaux que les lois doivent considérer pour pouvoir statuer dans l’intérêt de tous.

Sans doute la sincérité de la plupart des personnes favorables à l’euthanasie n’est-elle pas à mettre en cause. Mais on ne saurait ignorer, dans un contexte politique délétère, l’instrumentalisation de cette sincérité par des associations mues par une idéologie et des intérêts tout à fait contraires à l’humanisme. La promotion politique de l’euthanasie n’a aujourd’hui qu’un objectif : réduire « l’impact écologique » et économique des « masses ».

Jacques Attali nous en donne une idée quand il préconise la vie à durée déterminée :

Dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. Je crois que dans la logique même de la société industrielle, l’objectif ne va plus être d’allonger l’espérance de vie, mais de faire en sorte qu’à l’intérieur même d’une vie déterminée, l’homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé soient les plus réduites possible en terme de coût pour la collectivité. Il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle se détériore progressivement. L’euthanasie sera un instrument essentiel de nos sociétés futures. (L’Avenir de la vie, Michel Salomon, Éd.Seghers, 1981).

Autrement dit, si les « gouvernances » s’intéressent tant à l’euthanasie, ce n’est pas par affinité avec un hypothétique « humanisme fraternel du dernier souffle » (qui n’est qu’un habillage permettant l’adhésion populaire) mais parce qu’elle est une solution efficace pour abréger la vie humaine lorsqu’elle est devenue inutilement coûteuse, non rentable.

Le fait de statuer sur la légitimité à donner la mort, à dénier le droit de vivre des plus faibles, comporte en son principe un risque civilisationnel majeur. C’est en effet inscrire dans le marbre institutionnel le reniement d’un fondement essentiel de l’anthropologie chrétienne sur laquelle s’est construite l’éthique occidentale : l’interdit de tuer. Dans le contexte de déchéance éthique que nous traversons, c’est faire preuve d’un angélisme aveugle et d’une irresponsabilité qui mèneront assurément au pire.

Les pratiques en Belgique et aux Pays-Bas, où s’applique la loi sur l’euthanasie, témoignent de ce dévoiement dont rend compte un terrible documentaire (accès payant) qu’aucune chaîne de télévision n’a accepté de diffuser.

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