L’Europe, Moloch aux pieds d’argile

Tommy Robinson arrêté et jeté au cachot en Angleterre, Italie mise sous tutelle démocratique des banques et du contrôle central bruxellois, nouvel acte de terrorisme religieux sous la forme d’une fusillade meurtrière en Belgique, détenus radicalisés français bientôt libérés (une quarantaine en 2018-2019, d’après François Molins, sur BFM TV, ce 28 mai)… L’actualité en Europe de l’Ouest est à un tel point riche en nouvelles affligeantes que l’on ne sait plus quelle infamie commenter. 

À tel point sommes-nous dépassés que même dans les sphères d’opposition, les crimes perpétués à Liège au nom d’un Dieu miséricordieux peinent à faire la une. Nous atteignons un point de sidération occasionné par l’ampleur de l’actualité, dont tous les indicateurs convergent pour nous montrer les effets d’une politique propre à sortir l’Europe de l’Histoire. 

Pendant ce temps, la Russie, les États-Unis et la Chine sont dirigés par des chefs d’État. L’on peut, certes, contester les méthodes, trouver à redire sur les options des hommes forts de ces pays, mais du moins agissent-ils dans un intérêt stratégique qui possède sa logique…

Et puis, c’est l’affaire des peuples de voter comme ils l’entendent, et s’ils ne votent pas comme les régimes ouest-européens le souhaiteraient, c’est peut-être parce que le phare de l’humanité de la citadelle Europe s’est transformé en lieu de culte pour vieilles idoles. 

Quid de la géostratégie européenne, quid des politiques intérieures d’une Europe de l’Ouest orpheline de l’utopie mondialiste jadis organisée par l’Amérique et enterrée, depuis, par son initiateur ?

Les obsèques du mondialisme ont sonné, mais le glas n’est pas arrivé aux oreilles de nos technocrates qui collaborent encore à un défunt projet.

Nous sommes bien dans le Titanic (Onfray s’est attaché à cette image). Quant au mur du réel, pour reprendre une notion proposée par Alain de Benoist, c’est l’iceberg européen, que nous avons nous-mêmes façonné et placé en mer.
 
Le désordre règne sur le Vieux Continent, cependant, nos capitaines de vaisseau, glaciaux, écartent encore davantage la béance de la coque du navire Europe.

Naufrage garanti. Au nom d’une idéologie déjà morte.

L’Europe sera bientôt entièrement peuplée de masses superposées et zombifiées que le monde montrera en épouvantable contre-exemple.
 
L’actualité, convergente, sidérante, nous en donne la preuve par l’insupportable spectacle des effets masochistes d’une renonciation à l’Histoire. L’Europe vénère sa mort annoncée comme dans les temps anciens l’on sacrifiait d’abondance à Moloch quand la bataille s’avérait ingagnable. En effet, l’Histoire bégaie.

C’est la Légion étrangère que Mamoudou Gassama eût dû intégrer, car il nous faudra une armée forte pour maintenir le droit dans un pays en décomposition, et s’il nous faut assurément de nouveaux Montaigne (Francis Huster pense qu’il s’en cache parmi les migrants), il nous faudra surtout des bras. 

L’iceberg est à dix centimètres de nos têtes, quand l’Union européenne est encore occupée à sculpter de nouvelles arêtes saillantes sur le monstre de glace. C’est Moloch, c’est l’Europe, orpheline égarée en pèlerine dérive. Gare à l’entropie !

Commentaires fermés sur L’Europe, Moloch aux pieds d’argile

À lire aussi

Soyons patients, les totalitarismes de la pensée ne survivent jamais…

Soyons cependant optimistes : l'inversement des règles de société est une impasse dont le …