Les macroniens discréditent les gilets jaunes pour occulter leur impuissance face au terrorisme

Ce matin, après l’attentat de Strasbourg, plusieurs médias soulignaient les messages complotistes qui se multiplieraient sur les réseaux sociaux – un député LREM reprenait, aujourd’hui, cette accusation dans les questions au gouvernement : des gilets jaunes voudraient faire croire que cet attentat viendrait opportunément détourner l’attention et affaiblir le mouvement protestataire. S’il est absurde de supposer que quelque cabinet noir ait machiné cette tragique affaire – nous ne sommes plus au temps des barbouzes –, est-ce être complotiste que de constater que les macroniens font feu de tout bois pour contenir la colère des gilets jaunes et les discréditer ?

Mardi, avant même l’attentat, le maire de Bordeaux leur a fait la leçon. Comme s’il lui fallait confirmer son allégeance, il a soutenu qu’Emmanuel Macron « a pris conscience de la gravité de la situation » et déconseillé aux « gilets jaunes de bonne foi » d’organiser de nouvelles manifestations, samedi prochain, pour ne pas inviter « les casseurs à casser ». Il leur demande donc de « prendre leurs responsabilités ». Façon d’insinuer que certains ne sont ni fiables ni responsables.

Certes, en matière de violences, la ville de Bordeaux a été bien servie, le 8 décembre. Mais pourquoi Alain Juppé ne précise-t-il pas que la majorité des vandales, à Paris comme à Bordeaux, sont des jeunes venus de quartiers périphériques qui n’ont rien à voir avec les gilets jaunes ? Et que le scandale, c’est de ne pas avoir su l’anticiper ? Quand il ajoute que le chef de l’État a fixé « un changement de cap » – alors que tous ses partisans affirment le contraire –, qu’il « a changé son vocabulaire et le regard qu’il porte sur la souffrance d’une partie de nos concitoyens », il participe lui-même à la désinformation et encourage les thèses complotistes.

Et que dire des propos alarmistes de Christophe Castaner, qui, avant le 8 décembre, a volontairement dramatisé la situation, évoquant un risque insurrectionnel, une crise institutionnelle, voire l’éventualité de morts ? Il oubliait simplement de confesser son incapacité à empêcher les casseurs professionnels d’infiltrer les gilets jaunes et les jeunes des cités de venir, le soir, faire leurs courses – à moins, ce qui serait pire, qu’il ne trouvât son intérêt dans ces débordements.

Le Monde écrivait, le 7 décembre, que le nouveau ministre de l’Intérieur était confronté « au plus grand défi de maintien de l’ordre en France de ces dernières décennies » : on ne lui connaissait pas ce goût pour l’hyperbole. Il ajoutait que « seul le risque terroriste lui aura été épargné ». Il ne croyait pas si bien dire. Le voilà confronté à sa première expérience. Encore que les autorités aient tardé à qualifier la tuerie de Strasbourg d’acte terroriste, bien que le tireur eût un casier judiciaire bien rempli, soit fiché S pour s’être radicalisé en prison et que des témoins l’aient entendu crier « Allah Akbar ». Bref, un profil classique.

Prétendre que les gilets jaunes représentent un danger pour la France est non seulement ridicule et lâche, mais cache des arrière-pensées politiciennes et un refus de reconnaître ses propres insuffisances. La quasi-totalité des gilets jaunes sont pacifiques. Le véritable danger, c’est l’islamisme. Il est, sans doute, plus facile de faire preuve de sévérité à l’égard des gilets jaunes, qui aiment la France, que de se défendre des islamo-délinquants qui la haïssent.

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