Santé - 13 octobre 2018

Les délais d’attente chez les médecins ne s’améliorent pas !

D’après une étude réalisée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation, et des statistiques (DREES) concernant les délais d’attente chez les médecins, la situation ne s’est pas améliorée ces dernières années, au contraire.

Cette étude, réalisée entre 2016-2017 auprès de 40.000 personnes, a été publiée le 8 octobre.

Le délai d’attente varie énormément en fonction des spécialités et de l’implantation géographique.

C’est ainsi qu’il faut compter environ six jours pour avoir un rendez-vous chez un généraliste, deux mois pour un dermatologue, deux ou trois pour un ophtalmologiste, environ cinquante jours pour obtenir un rendez-vous chez un cardiologue et un mois et demi pour un gynécologue ou un rhumatologue.

Il ne s’agit, bien sûr, que de moyennes et non d’une norme stricte.

Chez un médecin généraliste, une fois sur deux, on peut obtenir un rendez-vous dans la journée si le cas est urgent. En revanche, on vous demandera d’attendre cinq ou six jours pour un contrôle périodique ou une vaccination, ce qui paraît normal. D’ailleurs, dans cette étude, les patients interrogés semblent être globalement satisfaits de ces délais d’attente, même s’ils considèrent trop longs les délais chez les gynécologues où les ophtalmologistes.

La CSMF, syndicat médical qui regroupe différentes spécialités, considère que ces résultats sont très satisfaisants si on les compare à ceux d’autres pays européens et pense (assez naïvement) que la création d’assistant médicaux, la lutte contre la bureaucratie, les nouveaux outils de prises de rendez-vous seront susceptibles d’améliorer les choses… Il faut dire que la CSMF n’a jamais brillé par l’originalité de ses propositions.

En réalité, cette situation montre une nette dégradation de l’offre de soins en France depuis quelques années.

On peut relever deux raisons principales : la diminution du nombre de médecins, qui forcément diminue l’offre de soins et ne les incite pas à faire des efforts car la concurrence est moindre, et leur manière de travailler qui s’est modifiée, en partie due à l’arrivée massive de femmes dans la profession.

La plupart d’entre eux, maintenant, s’isolent derrière un secrétariat téléphonique qui gère un planning de manière uniquement administrative, et il devient très difficile de parler au médecin, ne serait-ce que pour un conseil à défaut de pouvoir obtenir une consultation rapide, sans parler du cas des patients qui, n’ayant pas de médecin traitant, ont les plus grandes difficultés à trouver un praticien qui accepte de les recevoir !

Si l’on ajoute à cela que la plupart des médecins ne veulent pas être dérangés pendant leurs consultations, on comprendra mieux que les malades soient obligés d’attendre ou, si leur cas semble plus urgent, d’aller dans les services d’urgence en ville (lorsqu’ils existent !) ou bien à l’hôpital (surencombrés). Tous les praticiens exerçant dans ces services peuvent témoigner que beaucoup de patients qui arrivent en fin de journée ou en début de nuit viennent consulter car ils n’ont pas pu obtenir un rendez-vous en ville avec leur médecin traitant ou avec un autre généraliste.

Cette nouvelle manière de travailler des médecins, s’ajoutant à leur relative pénurie, génère des délais d’attente important et pénalise, aussi, lourdement tous les soins non programmés. Pour y faire face, une nouvelle réorganisation de la distribution des soins s’impose, avec la création en milieu extra-hospitalier de centres de petites urgences permettant de prendre en compte toutes ces consultations de dépannage qui encombrent les services d’urgence hospitaliers, à défaut de pouvoir améliorer les délais d’attente au cabinet.

Mais l’innovation et l’originalité sont, hélas, des valeurs trop souvent oubliées, autant par les autorités de santé que par les syndicats médicaux.

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