Livre

L'épopée americaine de la France - Histoires de la Nouvelle-France

de Alain Dubos

 

Quelle aventure, injustement remisée au grenier de notre passé, que cette épopée américaine de la France, lorsque nous tenions entre nos mains un territoire immense, patiemment conquis par des volontés intrépides, depuis la mer du Labrador jusqu’au golfe du Mexique !

Telle est l’histoire que nous conte Alain Dubos, avec rigueur et panache. Il ne pouvait en être autrement de la part de ce natif de Gascogne, à moins de trahir son sang.

Tout commence avec un navigateur malouin – Jacques Cartier – qui découvre Terre-Neuve et le golfe du Saint-Laurent en 1534. Lentement, les Champlain, Frontenac et autres Cavelier de La Salle vont façonner un territoire fertile et riche en peaux animales, commerce très florissant à l’époque.

À l’image du Vieux Continent, les batailles se succéderont, tantôt contre des tribus indiennes, tantôt contre l’ennemi héréditaire anglais, dont les colonies frôlent dangereusement les frontières françaises. Mais ici, la guerre est « permanente, quoi que l’on se dise là-bas ». Des alliances se noueront aussi avec des autochtones. Certains Français adopteront même leur mode de vie.

Hélas, « les sujets du roi de France vont tenir, à un contre dix, voire plus, la gageure que leur imposent les Bourbons en refusant de peupler leurs colonies ». Si tel n’avait pas été le cas, la capitale des États-Unis ne s’appellerait peut-être pas Washington et l’on y parlerait le français. George Washington, justement, il en sera question dans ce livre, à travers une anecdote qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.

L’auteur évoque aussi le drame des Acadiens, déportés et affamés par les Anglais, leur roi, George III, voyant injustement en eux des obstacles. Ils connaîtront un « destin proprement biblique » et feront les frais de « la première purification ethnique de l’ère moderne ». On appellera ça le « Grand Dérangement ».

La France perdra finalement la partie. Le traité de Paris, en 1763, qui nous privera du Canada, et la vente de la Louisiane par Napoléon, en 1803, pour une poignée de dollars – 15 millions, dont une partie coulera à Trafalgar –, achèveront définitivement ce rêve.

« La France est donc partie. Par la petite porte. » Il ne reste plus, aujourd’hui, que Saint-Pierre-et-Miquelon. Deux fossiles de notre passé américain. Une formidable aventure demeure, dont notre nation avait le secret et qu’il serait préférable d’enseigner dans les établissements scolaires plutôt que la détestation de soi ! Ceci est une autre histoire.

Consolons-nous : la France aura sauvé l’honneur contre les Anglais en aidant les insurgés américains lors de la guerre d’indépendance, à laquelle participera un officier de marine français, avant d’épuiser ses forces dans un combat désespéré et d’être fusillé à Nantes en 1796 : François Athanase de Charette de La Contrie.

Enfin, aux heureux lecteurs : « Je vous souhaite bon vent sur l’océan et bonne route sur le sol ferme, entre France et Nouveau Monde, en compagnie des vrais héros de cette épopée » (Alain Dubos).

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