25 juin 2018

L’ennemi public des Italiens ? Emmanuel Macron

Ceux qui se réjouissaient d’un retour de la « grandeur », d’une certaine volonté de puissance à la française, ont vite été déçus : cette revalorisation de la fonction présidentielle que paraissait exprimer Emmanuel Macron s’est révélée n’être que suffisance, manifestation d’un sectarisme de classe dédaignant la plèbe « fainéante » et « illettrée », doublées d’un évident mépris pour les peuples.

Les Italiens en ont, eux aussi, pris pour leur grade, notamment lorsque Macron a comparé leurs inquiétudes face à l’incroyable immigration de peuplement en acte à une épidémie de « lèpre ». Pas content, il en a d’ailleurs minimisé la portée en qualifiant de « « menteur » qui osait la définir « crise migratoire ». Puisque les débarquements ont chuté, en 2018, de 80 % par rapport à l’année précédente, tout va bien. Il oublie peut-être que les clandestins arrivés ces dernières années n’ont pas disparu comme enchantement.

Le nouveau vice-Premier ministre Matteo Salvini de lui rappeler « 650.000 débarquements en quatre ans, 430.000 demandes d’asile présentées en Italie, 170.000 soi-disant réfugiés accueillis aujourd’hui dans des hôtels, des casernes, et des appartements, pour une dépense supérieure à cinq milliards d’euros. Si, pour l’arrogant Président Macron, cela n’est pas un problème, nous l’invitons à en finir avec les insultes et démontrer la générosité par les faits en ouvrant les ports français et en arrêtant de renvoyer hommes, femmes et enfants à Vintimille. Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en un camp de réfugiés de toute l’Europe, il n’a rien compris. »

L’autre vice-Premier, Luigi Di Maio (M5S), sera quant à lui plus synthétique : « Macron est l’ennemi public n° 1 de l’Italie. » Ce qui est assez représentatif du sentiment général, et pas seulement en ce qui concerne la crise migratoire.

L’Hexagone apparaît toujours plus comme un prédateur aux yeux de ses cousins méridionaux, pour plusieurs raisons.

La péninsule est tout d’abord perçue comme une colonie économique française à cause de la mainmise de la France sur ses grandes entreprises, et cela, sans que celle-ci ne lui rende la pareille : voir le scandale des chantiers de Saint-Nazaire quand le gouvernement « En marche ! » est revenu sur les accords précédemment conclus avec Fincantieri.

L’incompréhensible don – qui plus est dissimulé aux citoyens transalpins – de 300 kilomètres carrés d’eaux territoriales italiennes fondamentales pour les pécheurs ligures et sardes, ne venant qu’augmenter les doutes sur l’effectivité de la souveraineté italienne.

>Mais c’est surtout au regard de la politique étrangère que l’hostilité française est sensible. Rappelons que l’un des buts de l’intervention militaire en Libye, en 2011, était l’exclusion de l’Italie de sa sphère d’influence historique, ce qui n’a ici échappé à personne. Pire que le mépris, l’indifférence ? Voir les « oublis » réitérés de convier Rome aux conférences internationales qui la concerne pourtant au premier plan : avenir de la Libye, route des Balkans…

Alors, après l’échec du mini-sommet sur les migrations de dimanche à Bruxelles, où les requêtes italiennes – renforcement des frontières externes de l’Union européenne, accords avec les pays de départs, création de hot spots dans les pays de transits hors Union européenne – ont été snobées, Matteo Salvini a décidé de se rendre en Libye ce lundi matin. Cette première mission officielle à l’étranger vise la recherche de solutions au problème des migrations directement avec les autorités libyennes et le renforcement des liens entre les deux pays.

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