L’électorat des partis « populistes » et anti-immigration est de plus en plus féminin !

Depuis qu’un homme a été tué, le dimanche 26 août, et deux demandeurs d’asile suspectés de son crime (un Syrien et un Irakien), la ville de Chemnitz, en ex-Allemagne de l’Est, est le lieu d’affrontements manifestants pro et anti-immigration. Soit, pour les médias réducteurs, extrême gauche contre extrême droite, le camp du bien contre l’empire du mal.

L’Europe est en émoi qui voit de nouveau surgir le spectre noir de l’extrême droite… car, au lendemain du meurtre, ils sont 800 sympathisants de ces partis à descendre dans la rue pour « une chasse aux étrangers ». Le lendemain, 2.000. Le 30 août, nouveau défilé pour réclamer le départ d’Angela Merkel. Et le samedi 1er septembre, plus de 4.500 personnes défilent dans les rues de la ville, principalement à l’appel de l’AfD, contre 3.500 pour le camp d’en face, celui des partis de gauche. Et le mouvement paraît n’être qu’à son début.

Dans la vision manichéenne qui a cours aujourd’hui, il y aurait donc les bons et les méchants, et la chancelière Merkel, à qui il est reproché d’avoir ouvert en grand les frontières, dénonce « la haine dans la rue ». Sans doute. Mais pas que…

La lecture simpliste de l’Histoire et de la sociologie du temps voudrait que les partisans du mouvement anti-islam PEGIDA et du parti anti-immigration AfD fussent tous des gros Blancs bas de plafond et forts en muscles. Des abrutis qui lèvent le bras comme un ressort, passent leurs loisirs en ratonnades et massacres d’antifas.

Mais est-ce si sûr ?

Pas si l’on en croit les extraits d’une enquête (rapportée par Deutsche Welle) émanant de la fondation Friedrich Ebert (FES), affiliée au parti social-démocrate de centre gauche allemand. Elle avait pour but d’étudier l’électorat des partis populistes en Allemagne, en France, en Grèce, en Pologne, en Suède et en Hongrie, et ce qu’elle a découvert bouscule singulièrement les clichés. En effet, au-delà « des hommes blancs en colère » réputés former le gros de leurs troupes, il apparaît que « les femmes sont de plus en plus attirées par ces formations politiques » et « sont souvent plus radicales que leurs homologues masculins ».

Pour Elisa Gutsche, qui a dirigé l’étude, cela tient au fait que ces partis promeuvent une politique plus axée sur la famille. Et, qui sait (c’est moi qui suppute), axée peut-être aussi sur cette trilogie désormais honnie qui voudrait offrir à la famille du travail et une patrie… Mon Dieu, quelle horreur !

Sans qu’elle nous dise ce qu’elle entend par là, Elisa Gutsche déclare que « les femmes peuvent être plus enclines que les hommes à souscrire à de “fortes croyances xénophobes” », chose qui, dit-elle, l’a beaucoup surprise.

Mais c’est quoi, au fait, une croyance xénophobe ? Est-ce penser que les Africains ont un sexe surdimensionné et les Asiatiques un petit kiki ? Croire que les « quartiers » sont des coupe-gorges ou bien que les jeunes issus de l’immigration sont surreprésentés dans la population carcérale ? Ou bien, encore, croire que les immigrés font le gros des troupes de chômeurs incasables ? Dites-le-nous, Madame Gutsche.

Elle essaie, mais sans pousser le raisonnement trop loin, par crainte sans doute de ce qu’elle pourrait elle-même penser : « Les femmes font face à une lutte constante. Elles sont plus susceptibles d’avoir des emplois mal rémunérés et sont plus exposées au risque de pauvreté. » Et de conclure : « Je pense que les femmes sentent qu’elles sont à un échelon inférieur de la société et se retrouvent en concurrence avec les migrants. »

Continuez, Madame Gutsche, vous êtes sur la bonne voie. Et je vais vous aider : ce sont les femmes, aussi, qui, dans certains quartiers, sont exclues des cafés et de leurs terrasses, qui n’osent plus sortir le soir ni même parfois dans la journée, elles qui n’osent plus aller bras nus ni envoyer leur fillette acheter le pain. Eh oui, ce sont elles qui vivent dans le concret, ont la charge du « care », comme disent les bien-pensants. Le soin. La vie quotidienne que cette nouvelle société rend plus difficile encore.

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