Fous de Dieu

Quand l’Église se met au vert

Professeur
 

Dans la torpeur et la nonchalance neuronale propres au mois d’août, quand m’est tombé sous les yeux un communiqué transmis par La Croix le 7 août, je me suis installée devant mon écran blanc pour commencer un article que je voulais plaisant, au moins en surface.

« Après « le jour du dépassement » le 2 août, a été annoncée la création d’un « label Église verte », pour le 16 septembre à Paris, lors d’une journée nationale « Église verte ».
L’initiative portée par la Conférence des évêques de France, la Fédération protestante de France, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et le Conseil d’Églises chrétiennes en France, vise la “conversion écologique” des paroisses, dans une “harmonie œcuménique”. »

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Et (prière de ne pas rire) voici la procédure à suivre pour obtenir le label :

« D’abord, on établit en ligne son “éco-diagnostic” par le biais d’un questionnaire à choix multiples qui couvre cinq thèmes : les célébrations et la catéchèse, les bâtiments, les terrains éventuels de la paroisse, l’engagement communautaire et global et les styles de vie des individus. En fonction du résultat, l’Église situe son niveau dans “la conversion écologique”. »

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Les Églises canadiennes avaient lancé le concept et l’expression dix ans avant et la France suivait. Vous trouverez tout cela sur Internet avec de belles images d’églises couvertes de lierre et autres vignes vierges – vertes, donc !

Mais il y a un hic qui a gâté ma bonne humeur : il est une autre religion verte, la seule que nous connaissions jusqu’ici, l’islam, et, même au Canada, ils ne peuvent l’ignorer : tous acceptent donc l’amalgame. Peut-être rêvent-ils d’« Églises vertes unies », de Riyad à Vancouver, et de l’union sacrée des humains à la « main verte », à quoi que soit occupée cette main.

Et puis le rire s’étrangle et l’ironie défaille : Barcelone est arrivé, un an après Nice, puis Cambrils, et l’horreur et l’identification des coupables, et le trio bougies-bouquets-nounours, les antifas réitérant l’exigence d’accueil inconditionnel, les communiqués calibrés, les précautions qu’il faut « prendre avec la vérité » des journalistes et des politiques. Ne revenons pas sur ce qu’a très bien dit, ici, Floris de Bonneville.

Mais le 21 août, après Barcelone donc, la longue intervention du pape transmise par La Croix oblige à se poser des questions : d’un côté l’Église devenant « religion verte », de l’autre l’Europe sommée de devenir région ouverte, même au détriment de « la sécurité nationale », et de ne pas chercher à transformer, culturellement ni religieusement, les populations importées « en garantissant à tous les étrangers présents sur le territoire la liberté de profession et de pratique religieuse »… Excision, polygamie et djihad compris ? De fait, dit-il, il faut se garder de « l’assimilation, laquelle conduit à supprimer ou oublier sa propre identité culturelle ».

Notre Évangile était donc faux : « Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et de l’Esprit » (Matthieu 28,19) ? On s’en doutait, à vrai dire, depuis un moment en écoutant les propos du pape, mais échanger la religion trinitaire en religion verte quel que soit le vert en question, « l’herbe de nos vaches », comme disait Voltaire, ou l’étendard mahométan, est-ce vraiment nous ouvrir sur un avenir radieux ?

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