Légion d’honneur du 14 juillet : notre sélection…

À l’Élysée, on aime les traditions françaises. Enfin, certaines surtout. Car si nos écoles dites républicaines ont, égalité et non-stigmatisation obligent, jeté depuis belle lurette aux orties la distribution des prix, cette année comme les précédentes, au sommet de l’État, on ne déroge pas à la remise de l’un des plus insignes d’entre eux : la Légion d’honneur. Et, si l’année passée la sobriété dans le nombre d’attributions avait été de mise, un an de présidence jupitérienne plus tard, l’État se lâche : 392 personnalités issues de différents corps de métiers à être décorées contre 101, dans une parfaite parité. Évidemment. Quelques exemples, comme ça, au hasard.

Du côté du secteur de l’industrie, d’abord. On trouve l’ex-patronne du MEDEF, Laurence Parisot. Celle qui confiait à L’Obs avoir « peur du populisme » et « craindre une dérive comme dans les années 30 ». C’est aussi celle qui, en 2011, au Monde, prônait l’accueil « de nouvelles cultures » afin que notre pays « profite du métissage ». L’immigration légale liée au travail, même avec un chômage jamais endigué ? Il ne fallait pas en faire « un problème ».

Au fait, que devient-elle, depuis qu’elle a quitté le MEDEF ? Eh bien, nul doute qu’en haut lieu, sa mission à la tête de GRADIVA a, en plus de ses anciennes fonctions, fort intéressé. Présidente de cette association, l’ex du MEDEF s’occupe désormais de « recherche sur les arts, les images et leurs variations ». Au théâtre, en peinture, au cinéma, en littérature. Parisot, le profil parfait. Alors, va pour la croix de chevalier… ou chevalière, on sait plus.

Ensuite, du côté politique, on découvre Nathalie Kosciusko-Morizet. Récompensée pour « service de l’État ». Pour sa brillante carrière de « tueuse », ainsi qu’elle se définissait elle-même ? De la politique et de la France, elle en a pourtant eu tellement ras le chignon après que ses candidats successifs se sont faits laminer qu’elle s’est envolée pour rejoindre son compagnon, un patron du CAC 40, et a planté ses pénates dans la grosse pomme, à New York, chez Capgemini. Où elle y exerce, désormais, ses talents en… cybersécurité. Quel fabuleux destin que celui de NKM, une parfaite citoyenne du monde. Une croix de plus de cochée pour celle qui en a coché déjà pas mal dans sa carrière fulgurante.

Enfin, côté art, Olivier Py, le directeur du festival d’Avignon, fait partie de la fournée. Il faut dire que, pour le festival, cette année encore plus que les autres, il a mis le paquet ! Genre, identité, enfance, sexualité, famille, individus, « fake news », exil, racisme, WikiLeaks, réfugiés, féminisme, rien ne manquait pour plaire aux décideurs ! Ce bel et instructif programme méritait bien la croix de chevalier.

Je fais preuve de partialité dans ces personnalités choisies par le gouvernement ? Mais le gouvernement se montre-t-il systématiquement impartial en retenant ses futurs décorés ?

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