Editoriaux - 23 septembre 2018

Le Venezuela attend-il son Pinochet ?

Il n’est plus temps de se demander si le régime de Maduro va s’effondrer, mais seulement quand et comment. Ce gouvernement si admiré de Mélenchon, que la presse officielle française évite soigneusement de qualifier de socialiste, a réussi le tour de force de faire d’un des pays les plus naturellement favorisés de l’Amérique latine (leader mondial des réserves de pétrole) une terre de misère et d’oppression, que sa population affamée et sans soins fuit en masse.

Il y a un demi-siècle, au Chili, Salvador Allende avait quasiment réussi le même exploit. Élu avec à peine plus d’un tiers des voix (à une présidentielle à un seul tour) et sans majorité parlementaire, il s’autorisa néanmoins à gouverner par décrets pour imposer, avec l’aide de milliers de « conseillers » cubains à la gâchette facile, la « voie chilienne vers le socialisme » : hyperfiscalité, expropriations, réforme agraire, nationalisations, etc. En deux ans, l’inflation et le contrôle des prix avaient créé des pénuries et de longues files d’attente pour les produits les plus courants, au point que les femmes du peuple jetaient des graines au passage des soldats pour symboliser leur pleutrerie de poulets…

La Chambre des députés adopta à 81 voix contre 47 une résolution « sur la violation grave de l’ordre constitutionnel et juridique de la République » par le gouvernement d’Allende, affirmant notamment :

« Que c’est un fait que le gouvernement actuel de la République, depuis le début, a cherché à conquérir le pouvoir total, dans le but évident de soumettre tout le monde au plus strict contrôle économique et politique de l’État et de réaliser donc la mise en place d’un système totalitaire absolument opposé au système démocratique représentatif établi par la Constitution… »

Jugement entériné par la Cour suprême, mais qui n’empêcha pas le marxiste de se cramponner au pouvoir.

Le chef des armées Ernesto Pinochet se donna donc la mission de mettre fin à « l’expérience » en prenant le pouvoir par la force. Les trois mille morts de sa reprise en main (dont beaucoup n’étaient pas des enfants de Marie) en font aujourd’hui le modèle du tyran repoussoir des grands humanistes, mais dictateur de l’espèce rare qui se retire poliment du pouvoir après une défaire électorale.

En conservant les meilleures mesures économiques libérales inspirées par les Chicago Boys de Reagan sous l’ère Pinochet, les gouvernements qui suivirent firent accéder le pays au « miracle chilien », et il reste l’un des pays les plus économiquement stables d’Amérique latine.

Aujourd’hui, au Venezuela, les militaires, largement corrompus, sont probablement les derniers Vénézuéliens qui mangent à leur faim, tandis que 2,3 millions de leurs compatriotes sont déjà partis en Colombie, au Pérou, au Brésil, en Argentine ou au Chili, posant un grave problème migratoire à ces pays. Et comme le remarque El País, bien qu’ils « partagent une histoire, une langue et une culture sans doute plus proches de ce que les Européens ont en commun, le niveau d’intégration dans la prise de décision, face aux défis communs, est sensiblement moindre ».

À voir où en est l’Union européenne, on se demande si c’est vraiment un mal…

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