Armées - Editoriaux - Education - Société - 17 janvier 2019

Le service national universel : le caprice d’un homme qui ne croit plus à la France

Pour mettre en œuvre un projet aussi contesté que le service national universel, il fallait à Macron un fidèle, qui ne se pose pas trop de questions et applique à la lettre ses directives. Gabriel Attal, le secrétaire d’État à la Jeunesse, semble être de cette trempe. S’il n’est pas sans talent, il n’est pas, non plus, sans ambitions : son parcours témoigne qu’il a toutes les qualités pour intégrer ces « premiers de cordée » chers à notre Président. Si l’on ajoute sa proximité avec Benjamin Griveaux et Christophe Castaner, également issus du Parti socialiste, on comprend que cette tâche lui ait été confiée.

Gabriel Attal a donc présenté, ce mercredi, les contours du futur SNU, qui entrera dans sa phase expérimentale, dans treize départements, à partir de juin 2019. Dans un premier temps, il concernera environ 200 volontaires par département, avant de s’adresser à tous les jeunes de 16 ans. Le secrétaire d’État, dans un entretien au Point, revient sur certains de ses aspects.

Premier argument : « Le service national universel est un engagement de campagne du président de la République. » Et alors ? Ce n’est pas faire injure à Emmanuel Macron que d’estimer que cet engagement n’a pas beaucoup compté dans le vote de ses électeurs. La question est de savoir si c’est utile.

Second argument, plus solide : « Il répond à un constat sans appel : la jeunesse manque d’un moment de mixité, de cohésion sociale et territoriale, autour des valeurs de la République. » Sans doute : encore faudrait-il en analyser les causes et prouver que les modalités du SNU permettront d’y remédier.

On peut douter qu’une période d’engagement d’un mois, composée de deux semaines d’internat avec des activités citoyennes, et de deux semaines auprès d’une structure d’intérêt général, suffiront à renforcer la cohésion sociale et l’adhésion aux valeurs de la République. Le temps est beaucoup trop restreint : si la cohésion sociale et territoriale pouvait naître de quinze jours de vie commune, cela se saurait.
Par souci d’égalité, « il n’y aura aucune exception ». L’ensemble des situations particulières sera pris en compte pour « garantir la participation de tous » (handicap, jeunes travailleurs, jeunes parents), « car il y en a, même à 16 ans ». C’est oublier qu’au temps du service militaire obligatoire, il existait des exemptions ou des dispenses justifiées, elles n’étaient pas toutes dues au piston. Emmanuel Macron, qui faisait partie de la dernière classe avant la mise en place de l’armée de métier, n’insista pas pour faire son service…

Quant aux « apprentis », il leur sera utile d’acquérir des « compétences transverses », comme « savoir travailler dans une dynamique collective » ou « prendre conscience de l’utilité d’être à l’heure ». Ce sont, certes, des qualités nécessaires dans le monde du travail, mais s’il faut attendre ce mini-service pour apprendre à être à l’heure, cela risque d’être bien tard. Le retard et l’absentéisme ne se constatent pas seulement chez les apprentis. Le ministère de l’Éducation nationale envisage, d’ailleurs, des mesures financières contre les familles dont les enfants sécheraient trop souvent l’école. 

Malgré les réticences de l’armée, qui estime qu’elle manque déjà de moyens pour ses missions de Défense, « les militaires seront présents dans le SNU ». On apprend aussi que la journée commencera par le salut au drapeau et le chant de l’hymne national : « Ce moment de communion républicaine est important. » Mais on peut douter que cette cérémonie, fût-elle répétée quinze fois, suffise à inculquer à tous les jeunes Français l’amour de leur patrie. D’autant plus que le chef de l’État, plus mondialiste que patriote, ne leur en donne pas toujours l’exemple.

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