Discours - Editoriaux - Politique - Presse - Société - 4 décembre 2016

Le roi est nul…

Le ballet des courtisans a repris de plus belle après l’annonce de la non-candidature du président Hollande. Mines affligées, discours sirupeux et voix chevrotantes pour nous annoncer un tel non-événement. Et, de la droite à la gauche, à l’égard du « sortant », un concert de bonnes paroles d’où émergent des mots comme « admiration », « lucidité » et « courage »… Vous avez dit courage ? Il en aurait pourtant fallu, du courage, pour qu’un de ses commentateurs, à l’instar de l’enfant du conte d’Andersen, ose simplement dire une vérité qu’une majorité de Français pensent maintenant tout haut : ce Président était nul !

Dans la vraie vie, dans la jungle des intérêts antagonistes qui font une société, s’applique avec justesse un principe que les Anglo-Saxons, dans leur grande sagesse, nous ont appris : le principe de Peter. Dans une organisation, quelle qu’elle soit, tout individu en gravit les échelons hiérarchiques jusqu’au moment où il atteint son plus haut niveau d’incompétence, jusqu’au moment où il ne peut plus rien apporter de nouveau dans la marche des affaires.

Le président du conseil général de Corrèze n’avait-il pas atteint ce seuil lorsqu’il accéda, par des circonstances hasardeuses, à la présidence suprême ? À la vacuité d’un Chirac, aux pantomimes d’un Sarkozy, il allait ajouter la médiocrité, celle du comportement comme celle des convictions.

Passons sur son marivaudage chronique, sur les travers de sa gestuelle ou la pauvreté de son vocabulaire ; examinons plutôt les fulgurances de sa pensée, celles que ce ridicule de comédie a mises en avant dans son ultime plaidoyer… On n’y trouve que les scories d’une pensée moribonde. Le CICE, une usine à gaz qu’aucune personne sensée ne se risquerait à expliquer ! Des succès militaires autoproclamés et en trompe-l’œil, puisque Daech est toujours aussi vivace ! Le mariage pour tous, un grand projet du « vivre ensemble » qui instaure un divorce entre deux France inconciliables ! Le chômage, ce symbole d’un économisme de façade, est un vrai problème que chaque individu, chaque famille essaie de régler à sa manière en souhaitant que l’État ne s’en mêle pas ! Tout ce qu’il entreprend sur ce sujet revient à resserrer plus encore le nœud coulant qui étreint l’économie.

Non, non, trois fois non, Monsieur Hollande, en cherchant dans les recoins de votre pensée ombrageuse, en parcourant votre geste abondamment racontée à des journalistes qui se prennent pour des vedettes de la presse d’investigation, façon Washington Post, il est impossible d’y trouver une idée originale, une idée lumineuse, de celles qui qualifient pour prendre en main le destin d’une nation. Nous aurions dû nous méfier lorsque vous nous promettiez une présidence normale… Emprunter son corpus idéologique, sa vision du monde, sa prospective à la pensée commune, c’était perdu d’avance ! Croire que les bonnes idées, en politique, relèvent du bon sens populaire est une lourde erreur. Les gens de marketing savent, depuis longtemps, que les grandes innovations n’ont pas été livrées par un quidam aux portes des supermarchés.

Nul, vous dis-je… et, par ricochet, nous aussi.

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