Editoriaux - Société - 9 octobre 2018

Le prix Nobel et les larmes de crocodile

Jusqu’à quand allons-nous continuer de larmoyer et de nous laisser « hashtaguer » #MeToo à propos des agressions violentes faites aux femmes ? Aurons-nous, un jour, le courage d’attaquer le problème en face ? Est-il suffisant, aujourd’hui, de déplorer l’insuffisance des moyens de la Justice et de la police, qui sont désemparées face au tsunami des viols dont la presse rend compte avec frénésie à longueur de colonnes et d’émissions ? Allons-nous, enfin, comprendre que de ne vouloir traiter que les effets de cet horrible phénomène est une marque de faiblesse et d’hypocrisie ? En effet, le problème essentiel est celui des causes qui font l’objet de tabous trop discrets. Il faut dénoncer les faits qui expliquent la déplorable sauvagerie ambiante. Ainsi, quelques causes évidentes doivent franchir le filtre d’une odieuse conspiration.

La famille et l’école, cercles prioritaires de formation, paraissent bien embarrassés face à une pression sociale laxiste chaque jour renforcée. Au lieu de se perdre dans la « confusion des genres », il vaut mieux enseigner la valeur ajoutée mutuellement par l’homme et par la femme et l’exaltation d’une merveilleuse altérité. L’enseignement de Mai 1968 nous a déjà légué une piètre perspective, fondée sur la jouissance illimitée, sur l’interdiction d’interdire, sur l’envie de retrouver la plage sous les pavés en vue de s’y coucher. La décadence morale ne retient plus l’attention, dans une atmosphère télévisuelle et publicitaire consacrée à la vulgarité, à la pornographie, au dévergondage des mœurs.

La mise en valeur des couples dépareillés, ainsi que le silence coupable des milieux féministes qui supportent, sans s’y opposer, la dégradation systématique de l’image de la femme, contribuent à détruire toute référence au respect et à la courtoisie qui sont dus à la femme. Ainsi, le sort imposé par l’islam à la femme réduite en esclavage coranique ne provoque pas la condamnation de ceux qui prétendent défendre la dignité féminine, seulement dans la soumission à la pensée unique. Dans le même temps, il n’est pas de bon ton de s’étonner que les migrants accueillis par milliers correspondent, pour le plus grand nombre, à de jeunes hommes célibataires de 20 à 30 ans, livrés à eux-mêmes et privés de tout lien familial.

Voilà pourquoi il est prioritaire d’engager une politique globale favorisant le retour aux fondements d’une société civilisée. Les émotions sur commande et l’attribution du prix Nobel à une ancienne esclave martyre de l’État islamique ne sont que des murmures dans le vent. Avec réalisme et sans pudibonderie, il ne faut pas craindre de condamner des mœurs pitoyables et de remettre à l’honneur le respect de la femme et le besoin d’une féminité respectable. Mais point n’est besoin de multiplier les discours ou les textes de loi. Montesquieu ne parlait pas pour ne rien dire : « Lorsqu’on veut changer les mœurs et les manières, il ne faut pas les changer par les lois ; il vaut mieux les changer par d’autres mœurs et d’autres manières. » Encore avons-nous besoin d’exemples à tous les niveaux, pour donner confiance au peuple des citoyens qui ont compris depuis longtemps que la manœuvre de destruction des valeurs était devenue trop grossière. Il est ridicule de gémir sur les effets d’une société dégénérée sans avoir le courage de traiter les causes dont on se complaît par ailleurs.

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