Editoriaux - International - 10 octobre 2018

Le prix Nobel de la paix réhabilité

Beaucoup avaient des doutes sur le choix des prix Nobel de la paix, au vu des lauréats qui avaient été désignés ces dernières années.

Parmi les décisions récentes le plus controversées, l’attribution du prix, en 2009, à Barack Obama, président des États-Unis ; il venait d’être élu ; depuis lors, il a déclenché au moins trois guerres : en Libye, en Syrie, en Ukraine.
En 2013, c’est l’Union européenne qui le reçoit, sans considération de son rôle sinon décisif (il revient aux États-Unis), du moins important qu’elle a joué dans le déclenchement des guerres des Balkans et de l’Ukraine.

En 2016, il s’en fallut de peu que le prix ne soit attribué aux Casques blancs, truchement humanitaire des djihadistes les plus fanatiques en Syrie.

En 2017, près d’un million de musulmans, dits rohingyas, étaient expulsés de Birmanie sur les ordres de la présidente Aung San Suu Kyi, qui avait reçu le prix Nobel de la Paix en 1991.

Cette année-ci, le jury du prix Nobel de la paix a fait le bon choix.

Il a été décerné à deux figures incontestables : l’Irakienne Nadia Murad, ancienne esclave issue du groupe religieux des yézidis, persécutée avec une particulière horreur par Daech, et au médecin congolais Denis Mukwege. Tous deux luttent, chacun à sa manière, contre les violences faites aux femmes. Ils ont été récompensés « pour mettre fin à l’utilisation des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ».

Denis Mukwege travaille depuis plus de vingt ans à l’hôpital de Bukavu, à l’est du Congo-Kinshasa, à réparer par une chirurgie adaptée des femmes souvent atrocement mutilées. Il avait déjà reçu le prix Chirac en 2013. Quoique discret sur le plan politique, Dr Mukwege n’a pas caché, à rebours de la doxa internationale qui l’exonère, la responsabilité du président du Rwanda Paul Kagame dans les atrocités commises au Congo depuis 1997. Elles auraient fait dix fois plus de victimes que celles, habituellement évoquées, qui ont eu lieu au Rwanda en 1994.

D’ores et déjà, la machine de propagande de Kagame a réagi : un dessinateur belge, dont les dessins sont reproduits dans Le Point, laisse entendre que les sévices que soigne Denis Mukwege seraient le fait des adversaires de Kagame, les millions de Hutus ayant fui le pays en 1994 pourchassés impitoyablement dans les forêts du Congo et qui sont aujourd’hui presque tous morts.

C’est évidemment faux.

L’an dernier, le Dr Mukwege a fait l’objet d’une tentative d’assassinat dont le commanditaire fait peu de doutes. Ce prix est un honneur pour le Congo, plus connu pour ses dictateurs sanguinaires (quoique moins que Kagame) que par les héros de l’humanitaire. C’est également un honneur pour l’Afrique tout entière.

Il tombe mal pour le président Macron, qui s’apprête à pousser la candidature de Louise Mushikiwabo, la plus proche collaboratrice de Kagame, au secrétariat général de la Francophonie, lors du sommet d’Erevan en Arménie, cette semaine. Le premier et le dernier des grands génocides du XXe siècle, celui des Arméniens et celui des Rwandais, se rejoignent ainsi dans la capitale de l’Arménie sous les auspices du Président français.

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