Economie - Editoriaux - Politique - 5 septembre 2018

Le prélèvement à la source sauvé in extremis

Une popularité tombée à 31 %, Jupiter chu de l’Olympe a tenté de remonter la pente, ce mardi 4 septembre. Comble de maladresse ou petite manœuvre ? Les hésitations tardives sur le prélèvement à la source de l’énarque-banquier qu’un moment certains avaient appelé le « Mozart de la finance » ont fait passer l’ombre de l’amateurisme sur ce gouvernement de technocrates, comme si les Français, depuis de nombreuses années, n’étaient pas habitués à l’addition des deux. Ce flottement a, toutefois, eu le mérite de concentrer l’attention, de la détourner de la démission de Nicolas Hulot, et de transformer le maintien de ce dispositif pour le 1er janvier 2019 en fin heureuse, comme lorsque, dans un feuilleton médical, le moribond est sauvé in extremis.

On ne sait pas si Macron est sauvé, mais la « Macronie » se « bunkerise ». Hulot est remplacé par Rugy et ce dernier par Ferrand au perchoir. L’affaire Benalla avait suscité le soupçon d’une cour. Effectivement, les courtisans sont bien servis. La société civile avait été appelée par un Président qui se disait au-dessus des partis. Mais c’est autre chose que d’être passé d’un parti à un autre sans fidélité ni conviction. C’est, aujourd’hui, le bal des hypocrites et des arrivistes. Rugy sera un « écologiste » docile. Ferrand mènera la chiourme de la majorité des godillots parlementaires à la poigne.

Le trou d’air sur le prélèvement à la source, réel ou simulé, aura confirmé la triste réalité du macronisme.

Ce n’est qu’une mesure technique dont l’introduction inopportune et les incertitudes qui l’ont entourée auront atteint le principal moteur de l’économie : la confiance ! Moins on touche à la fiscalité, sinon pour la réduire, mieux les esprits sont disponibles pour l’investissement et la consommation. S’il fallait une réforme, c’était celle qui conduisait à la relance de l’offre, et de notre production, celle qui tirait le meilleur parti du tourisme, l’augmentation de la TVA pour réduire les charges sur notre outil de production. Si l’on allait jusqu’à la révolution, alors la diminution massive de la dépense publique et le passage à l’impôt proportionnel auraient été de nature à libérer les énergies.

Au contraire, la France demeure une URSS qui s’enlise dans son socialisme, avec 57 % de dépenses publiques par rapport au PIB et des prélèvements obligatoires à 45 %. L’État a simplement décidé de faire rentrer l’argent plus vite dans ses caisses en demandant, d’ailleurs, aux entreprises de s’en charger. Il espère augmenter ses rentrées fiscales de 700 millions. Un pays qui cherche à améliorer ses recettes fiscales techniquement au lieu de les obtenir par la croissance de son économie est un pays tragiquement socialiste ! Coincé entre ses discours et ses agissements contradictoires, le pouvoir va donc devoir aménager son dispositif pour faire en sorte que la capacité pour les contribuables les plus fiscalisés d’utiliser leur argent dans un but altruiste puisse encore bénéficier des « niches » fiscales, ou des dons si utiles au logement social, à la France ultra-marine, aux entreprises innovantes ou à la vie associative.

Au-delà de la technique, l’idéologie pernicieuse poursuit son travail de taupe : l’impôt individualisé sur le revenu remplace la notion de foyer fiscal. C’est, sournoisement, un pas de plus vers la destruction de la famille, cible permanente des économies nocives depuis le dernier quinquennat. Enfin, « l’économie d’abord » comme priorité apparente du gouvernement dissimule le fait que celui-ci néglige ce qui est l’essentiel : le délabrement moral de la nation, minée par une perte d’identité, par un morcellement communautaire et par une violence qui amène les Français à s’interroger : les impôts, mais pourquoi ?

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