Le moment bobo sur France Inter : se payer la tête des gilets jaunes

Il est comme ça, Guillaume Meurice, il aime faire rire de tout et surtout des autres, c’est son job ! Gentil avec le pigeon de la rue pour mieux le faire passer pour un plouc. Du lundi au vendredi, sur France Inter, dans l’émission de Charline Vanhoenacker, il a son moment à lui, le « Moment Meurice », pour déglinguer, tailler en pièces, ridiculiser la France profonde, le franchouillard ringard, celui qui n’a pas la classe de penser comme lui. C’est qu’il ne fait pas mystère de ses opinions, Meurice : gauchiste, voire classé à l’ultra-gauche, cet « humoriste chroniqueur » a choisi de tourner en dérision ses ennemis idéologiques.

À coup d’interviews tronquées, pas toujours fair-play, le Meurice !

Armé d’un micro-trottoir, il sort dans la rue à la rencontre du bon peuple de France, le questionne sur les sujets du moment et guette les réactions de ceux qui sont « contre » : la pollution, les impôts, l’homophobie, l’immigration et même les fermetures de maternités au plus profond des provinces… Il traque la phrase simplette, le discours bien réac. Muni de son précieux butin, ayant bien pris soin de trier et couper au montage, il repasse à l’antenne avec délectation tout ce qui lui permet de bien se payer la tête de ses interlocuteurs. Sans oublier, après les éclats de rire d’usage, de tirer la morale convenue de l’histoire.

C’est donc tout naturellement que, le week-end dernier, il a franchi le périphérique parisien pour se payer la tête des gilets jaunes bretons.

Bonne pioche et beau montage pour l’équipe de Meurice, qui s’est bien marrée : ces abrutis de gilets jaunes qui se disent solidaires sont vraiment des ignares, enregistrements à l’appui :

– « Vous êtes solidaires des syndicats de cheminots » ?
Réponse de l’intéressée : – « Ah, non ! »
– « Des syndicats des enseignants de l’Éducation nationale ?
– « Non plus ! »

Pour l’équipe de France Inter plutôt habituée à dialoguer avec les traditionnels représentants syndicaux, c’est inhabituel ; avec eux, au moins, on se fréquentait, on dialoguait, on restait dans l’entre-soi, les discours étaient rodés, le système huilé ! Cette révolte-là ne ressemble pas aux autres, c’est donc qu’elle est totalement décalée, non ? Parfaitement grotesque même ?

Mais le meilleur reste à venir : à l’antenne, les propos de cette toute jeune fille venue accompagner ses gilets jaunes de parents :

« – Tu veux quoi, de Macron ?
– Qu’il parte !
– Pour le remplacer par qui ?
– Marine Le Pen ! »

Si même les enfants s’y mettent ! Sans compter qu’elle n’était pas la seule au micro de France Inter , ce jour-là, sur le point de blocage, à étaler sa sympathie pour Marine…

Pauvre Guillaume Meurice, les rires forcés dans le studio et la sempiternelle morale du chroniqueur ne parviennent pas à masquer la réalité, celle du fossé toujours plus profond entre « la France d’en bas » qui souffre et ne se tait plus et la bobosphère médiatique qui ne sait plus par quel bout la prendre. Tous les codes sont bouleversé, les Guillaume Meurice y perdent leur latin… mais pas leur humour condescendant pour le petit peuple.

Le mensonge médiatique qui cherche à faire porter le chapeau des violences des Champs-Élysées à l’ultra-droite ne passe pas. Et cette tentative de Guillaume Meurice de faire passer les gilets jaunes pour une masse d’abrutis ? Bien essayé, mais un peu dangereux quand même, non ? Par les temps qui courent…

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