Le livre de l’été : Le Puy du Fou, un rêve d’enfance, de Philippe de Villiers (6)

Faire d'un cheval un poème galopant qui rime avec la lune et le soleil

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Comme chaque année, à l’occasion de l’été, Boulevard Voltaire vous offre des extraits de livres. Cette semaine, Le Puy du Fou, un rêve d’enfance, de Philippe de Villiers.

L’Académie équestre du Puy du Fou compte cent quatre-vingts chevaux de voltige, de haute école et d’attelage. Nous avons aussi renoué avec la tradition percheronne, en créant une écurie de quatorze percherons qui s’exprime au Stadium et à la Cinéscénie. Mais il y a surtout nos athlètes de haut niveau, des chevaux de sang lusitaniens ou andalous. Ce sont des chevaux qui sont nés pour le spectacle, parfaitement adaptés aux disciplines de la présentation : ils sont élégants, rapides et froids dans leur tête. Ce ne sont pas des chevaux de course, qui seraient trop nerveux pour un public quotidien. Ce sont des acrobates dont le mental, la prestance les préparent à résister à la pression. Les lusitaniens ont une encolure très rassemblée et une morphologie plus harmonieuse que les pur-sang anglais. Avec un long crin, une croupe baroque, très ronde, et un chanfrein busqué.

Nos cent quatre-vingts chevaux de sang sont suivis au jour le jour et de manière individualisée, avec nos secrets tirés de l’expérience. Le premier secret, c’est la manière de nourrir, avec un rationnement et surtout un aliment spécifique que nous faisons composer par nos nutritionnistes. Il faut que le cheval ait toujours le poids de forme et qu’il prenne le temps de se réhydrater. Le cheval est pesé chaque semaine et la ration évolue selon le moment : hiver, début de l’été ou pleine saison.

Le deuxième secret qui nous permet d’évaluer le niveau de performance de nos chevaux, c’est le GPS, installé sous la selle, qui permet d’enregistrer toutes les réactions du cheval et sa capacité à encaisser le stress.

Mais le secret de la préparation des chevaux, c’est l’échelle d’intensité. Tous les spectacles où s’exprime la cavalerie font l’objet d’un coefficient en fonction de la difficulté et de la production d’effort. L’addition des coefficients permet de réguler les emplois du temps des chevaux de telle manière qu’il n’y ait ni vacance ni surcharge. Car il ne s’agit pas seulement de former des athlètes de caractère, mais des artistes.[…]

C’est tout un travail de patience, de doigté, d’attention. Le cheval de haut niveau n’aime pas la pression. Il y a une manière de lui mettre un licol – le premier des codes – pour qu’il l’accepte. Il ne progresse pas sous la contrainte, mais par l’acceptation de ces codes.
On dit au Puy du Fou qu’il « fait ses gammes ». Il va devenir un cheval de scène, un artiste. […]

On lui apprend la pause, la simulation, l’affectation et jusqu’à la minauderie. On l’exerce à déclamer son galop dans la musique.
À quoi voit-on que le cheval se fie à des repères musicaux ? À ses oreilles qui se mettent en radar et se dressent sur sa tête. Nos chevaux de scène ont une hypersensibilité. Il guettent l’intonation, les atmosphères. Ils mettent dans les courbettes marchées ou tournées, la révérence, le passage, leur humeur ludique. Leur mental est très fort. Leur affectivité aussi. Leur fragilité n’est pas que d’apparence. […]

Leur présentation, leur santé, leur équilibre, leur robe, leur tresse de crin rare, et jusqu’à leur haleine de foin choisi, donnent à nos chevaux le bien-être qu’on lit dans leur galop, dans leurs yeux, dans leur silhouette. C’est l’élégance qui est la griffe de la grande Écurie du Puy du Fou : un cheval du Puy du Fou est un poème galopant, qui rime avec la lune, le soleil, les armoiries dorées et les caparaçons de légende.

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