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« Le jean, c’est cool ! » Considérations intempestives sur la culture…

Professeur
 

Au Rendez-vous de Béziers, l’ambiance était animée à la table ronde « Culture » à laquelle j’assistais, bien sagement assise dans la salle. Pas seulement parce que, d’emblée, s’étaient affirmées deux conceptions différentes de la droite avec Mme Delsol et M. de Benoist (incompatibles ?) ; une division fort ancienne pour ne pas dire constitutive de la mouvance dite « de droite » en France et que l’on trouve d’ailleurs aussi à gauche, avec des traits sans doute différents.

Mais d’autres reviendront probablement sur ce point essentiel et je regarderai ailleurs. Il fut beaucoup question de l’État et son ministère, des choix orientés, de la façon d’écarter tout ce qui n’est pas dans la ligne esthétique comme philosophique, des mesures à prendre, propositions à l’appui. Mais rejoignant M. de Benoist dans sa définition large (anthropologique) de la culture, j’ai regretté qu’on n’allât pas plus loin que les champs culturels bien connus : musées, théâtre et cinéma, édition, télévision…

C’est une intervention dans la salle qui permit d’aborder la question de la langue, affaiblie, appauvrie, envahie d’anglicismes (et d’acronymes)… et encore, on ne s’y attarda pas. Pourtant, la parole est notre bain quotidien dans nos vies privées comme publiques, sur les ondes, dans les journaux, sur les affiches. L’indigence stylistique, la multiplication des fautes, la vulgarité, la disparition des frontières entre niveaux de langue, y compris chez les journalistes et les responsables politiques, sont aussi caractéristiques que la multiplication des images violentes et pornographiques.

Et dans la même veine de la « culture » au sens à la fois large et profond du terme, on aurait pu parler des codes vestimentaires, ou plutôt de leur disparition. C’est aujourd’hui le triomphe du « Fais comme tu le sens », « Parce que je le vaux bien » : tous les âges, les conditions, les circonstances, les situations s’équivalent à quelques exceptions près. Pourquoi se gêner ? Pourquoi obéir à des normes (petites-)bourgeoises, se prendre la tête devant le placard ? On ne va pas revenir à l’uniforme, n’est-ce pas, costume-cravate côté homme, tailleur-jupe côté femme, avec en prime le serre-tête ?

Le costume comme le langage sont débraillés et nous ne pouvons ni le nier, ni le balayer négligemment comme un épiphénomène. Regardez les images du passé, ancien avec les tableaux de Le Nain, plus proche avec les photos depuis le XIXe, et vous verrez la dignité du peuple, si modeste fût-il. Visitant récemment une ancienne cité ouvrière en Ardèche, je fus frappée devant les photos des ouvriers, de leurs femmes, des enfants à l’école : j’ai comparé, hélas ! Et j’ai eu honte.

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