Le grand brun avec une chaussure noire sur les notes de Moscovici

La page de notes de Pierre Moscovici est irrécupérable. Les experts sont unanimes, la plupart des mots qui figuraient sur la feuille sont désormais brouillés, illisibles. Le frottement de la chaussure de l’eurodéputé Angelo Ciocca sur le papier a causé des dommages irréversibles. Le rejet du budget italien par la Commission européenne est à l’origine de ce coup de sang qui voit une œuvre de la gauche la plus respectable finir dans une poubelle du Parlement.

La victime de ce méfait n’y est pas allée par quatre chemins : « Bla-bla-bla… violence symbolique et, un jour, on se réveille avec le fascisme. » Un jour… En attendant l’avènement de cette menace brandie depuis quarante ans, pour faire patienter, Matteo Salvini a annoncé que son gouvernement ne changerait pas un iota de son budget. Dans sa grande clémence, la Commission outragée a donné trois semaines à l’Italie pour revoir sa copie. Laps de temps qui permettra, par ailleurs, à Pierre Moscovici de trouver un abri « antifascisme » quelque part dans la région de Strasbourg.

Dans la perspective très probable d’un entêtement de l’Italie, la riposte s’annonce évasive. Des sanctions ne feraient qu’aggraver la situation financière de la troisième économie de la zone euro… Peut-être un lancer de chaussure… Moscovici ira-t-il jusqu’à sacrifier un de ses mocassins à pompon ? La question hante les couloirs.

En France, coup de théâtre et amant qui sort du placard de la gauche : Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien à Salvini ! « Dans cette affaire, les Français ont intérêt à défendre ceux qui défendent la souveraineté populaire. L’identité nationale française est une identité républicaine qui se confond avec l’idée de souveraineté populaire. C’est la raison pour laquelle il faut évidemment prendre parti pour le gouvernement italien contre la Commission européenne. »

Stupeur et tremblement dans les rangs des survivants socialistes. Juste avant de s’évanouir, Jean-Christophe Cambadélis a déclaré : « Si ça continue comme ça, où sont les désaccords avec Marine Le Pen ? » Ouvrant un œil, il a ajouté : « C’est la première fois qu’une organisation politique se réclamant peu ou prou de la gauche soutient un gouvernement d’extrême droite. Là, franchement, je ne sais pas où on va. »

Qu’il se rassure, Mélenchon non plus…

À lire aussi

Le strip-tease pour en finir avec le Brexit

C’est à ce moment que le chroniqueur de Boulevard Voltaire s’efface pour faire place au ps…