28 décembre 2016

Le FPÖ réclamera le poste de chancelier d’Autriche

Si le candidat patriote autrichien du FPÖ à la présidence de la République Norbert Hofer a échoué lors du deuxième tour bis des élections présidentielles du 4 décembre 2016, la route du pouvoir reste ouverte à son parti. En effet, le FPÖ est donné premier, à 35 % des voix, dans les sondages. Le gouvernement actuel, regroupant les sociaux-démocrates du SPÖ et les sociaux-chrétiens de l’ÖVP, est fortement discrédité et peut tomber au cours des mois à venir, ce qui peut conduire à des élections législatives anticipées alors que le scrutin est initialement prévu à l’automne 2018. Le FPÖ désire réclamer pour son président, le nationaliste Heinz-Christian Strache, le poste de chancelier d’Autriche.

Si le FPÖ n’a jamais obtenu cette fonction, il a participé à des gouvernements au niveau national en disposant du poste de vice-chancelier: le FPÖ, dominé par son aile libérale, a fait partie entre 1983 et 1987 du gouvernement avec le SPÖ, avant de revenir, dirigé par le nationaliste Jörg Haider, aux affaires au début de l’an 2000 aux côtés de l’ÖVP.

Le poste de chancelier revenant, selon les usages politiques, à Jörg Haider – son parti ayant distancié de peu l’ÖVP lors des élections législatives de 1999 -, celui-ci doit pourtant renoncer à exercer cette fonction car le gouvernement doit faire face, dès avant sa formation, à une énorme pression internationale et à l’opposition du président de la République Thomas Klestil. Le dirigeant de l’ÖVP Wolfgang Schüssel obtient le poste de chancelier. De plus, le président de la République refuse, sous des prétextes moraux, que certaines personnalités du FPÖ, avec qui il a eu des différends personnels, deviennent ministres.

Jörg Haider place Susanne Riess-Passer au poste de vice-chancelier puis lui laisse sa place de président national du FPÖ. Il se retire dans son bastion de Carinthie où il continue d’exercer sa fonction de gouverneur.

Privés de leurs meilleurs éléments, les ministres FPÖ prennent part à un gouvernement qui doit faire face aux attaques de la presse nationale et internationale et à la mise au ban de l’Autriche par d’autres États. Manquant d’expérience du pouvoir car leur parti n’a plus pris part au gouvernement depuis longtemps, les cadres peu nombreux du FPÖ doivent à la fois s’impliquer dans la gestion du parti et dans celle des cabinets ministériels, tout en ne pouvant pas s’appuyer – contrairement aux partis du système – sur des satellites importants comme les syndicats et les organes corporatifs de concertation sociale. Le parti subit des distorsions. Des disputes surviennent et Jörg Haider, qui n’a pu implanter les réformes souhaitées, doit éliminer politiquement Susanne Riess-Passer qui a échappé à son contrôle. Le chancelier Wolfgang Schüssel profite de la situation et organise des élections anticipées qui voient le FPÖ perdre plus de 60 % de son électorat. Un nouveau gouvernement ÖVP-FPÖ est formé, mais est fortement dominé par l’ÖVP, qui est le vainqueur du scrutin. Susanne Riess-Passer quitte la politique.

Ayant été largement victime de cette situation qui lui a été imposée, le FPÖ ne désire pas reproduire ce qui apparaît à Heinz-Christian Strache comme étant une grave erreur.

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