Editoriaux - Histoire - Radio - Société - Table - 8 mars 2018

L’absence de trans dans l’élection de Miss France devient insupportable

Mais pourquoi n’y a-t-il pas de candidates transgenres à l’élection de Miss France ? La question taraude Daphné Bürki, l’animatrice d’Europe 1 – la radio qui ne rate jamais une occasion de perdre encore un peu plus d’auditeurs. Mais comment est-il possible qu’en 2018, une élection de cette portée ne comporte que des filles garanties 100 % filles ? Jean-Paul Gaultier, invité de l’émission, trouve l’idée excellente. En tant que président du jury de la cérémonie, il adhère au concept. D’ailleurs, il lui semble qu’au Brésil, un trans a été élu, mais disqualifié par la suite, à la découverte du « poteau rose ». « Ce qui est dramatique », conclut-il.

De l’autre côté du poste, madame de Fontenay gît inanimée sur la moquette de son appartement de Saint-Cloud. Fauchée net par la simple évocation de demi-hommes figurant parmi les candidates… « Ils auront ma peau », chuchote-t-elle à la concierge venue voir ce qui se passait…

De la radio posée sur la commode du salon provient tout de même un message d’espoir… « Je n’ai pas le pouvoir, hélas, pour changer les choses, mais je trouve que ce serait bien. » Par ces quelques paroles, Jean-Paul Gaultier vient de sauver la vie de madame de Fontenay. L’infarctus est remis à plus tard. À moins que… L’animatrice, qui estime le problème capital dans l’équilibre mondial des forces nucléaires, relance son invité : « Il faut le proposer ! » Elle n’en démord pas. Europe 1 doit finir au tréfonds du fond de l’audience, établir ses studios dans un village reculé des Cévennes… Les quelques auditeurs restants sont une injure à sa conception du populaire. « Allez, on va faire une pétition », rigole Jean-Paul Gaultier. À Saint-Cloud, le pire a été évité. Le ton de la plaisanterie rassure l’ex-présidente du comité Miss France.

Personne n’interdit à Jean-Paul Gaultier d’organiser une élection de « Miss Trans »… Avec un chapeau sur la tête, Daphné Bürki serait impeccable dans le rôle de dame patronnesse de l’événement. Parcourant la province, elle organiserait les sélections, dénicherait les perles rares, les beautés avec un truc en plus. « Mon truc en plume », chantait Zizi Jeanmaire… « Mon truc en plus » serait la chanson générique.

Dans l’éventualité d’une acceptation de trans à l’élection de Miss France, il conviendrait de passer ensuite à des candidatures d’hommes un peu efféminés puis, enfin, à des hommes « ordinaires ». Pendant ce temps-là, les Miss Touraine, Miss Auvergne et tutti quanti iraient se présenter à l’élection de « Monsieur Muscle ». Seuls les esprits simplistes seraient choqués. Les intolérants. Les affreux.

Il n’est pas certain que les Daphné Bürqui d’Europe 1 et d’ailleurs aient compris que la chose la plus transformée de l’histoire est leur perception de la réalité.

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