La révolte gagne les lycées mais le gouvernement cache les vrais chiffres !

Aucun hashtag dans le Top 10, aucune grande émission télé, M. Blanquer en mode très très silencieux : il y a assez à faire avec les gilets jaunes sans qu’en plus, on en rajoute avec les blocages de lycées qui se sont produits hier, vendredi 30 novembre, partout en France. Le gouvernement et les médias ont décidé de ne pas informer ou de sous-informer. Au pays de la liberté d’expression et de la loi contre les « infox ». Ce start up government est très fort, il a aussi inventé l’« infrox » : l’infra-information, la sous-information.

Mais c’est pourtant un mouvement de blocage des lycées puissant qui a commencé vendredi. À Paris, sept lycées étaient bloqués. Selon le ministère de l’Intérieur, qui est devenu le ministère de la Minoration des comptes, seuls une trentaine d’établissements étaient perturbés. Or, c’est au moins une centaine, et certainement beaucoup plus, d’après les remontées du terrain. Metz, Tours, Limoges, Poitiers, Toulouse, Bordeaux, etc. Et dans les grandes villes, quand c’est un lycée qui craque l’allumette, le feu se diffuse vite aux autres. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, les lycées d’Oullins, Givors, Rive-de-Gier, Oyonnax, Bellignat, Chambéry, Grenoble étaient concernés. Même dans des départements ruraux, comme le Lot-et-Garonne, les lycées de Fumel et de Villeneuve-sur-Lot étaient touchés, hier. Et, une fois de plus, c’est toute la France périphérique qui réagit, comme à Montceau-les Mines. On a constaté, à certains endroits, des convergences avec les gilets jaunes : des lycéens se sont rendus sur des ronds-points et ont chanté « La Marseillaise ».

Pas étonnant qu’au bout de trois semaines, les gilets jaunes aient fonctionné comme un aimant pour ces jeunes. Les bruits du rond-point arrivent jusque dans les salles de classe et s’invitent dans les conversations de famille. Car si notre Président, sans enfant, n’a pas de jeune ado à gérer le soir, lui, il en va autrement pour les familles de gilets jaunes : ces enfants savent les tensions pour le paiement du permis, l’achat de la voiture après le bac, le logement dans la ville universitaire à 150 kilomètres l’an prochain. La vraie vie, quoi.

Bien sûr, le mouvement est désordonné, fourre-tout, comme tout mouvement lycéen, et certains ne savent pas pour quoi ils manifestent, l’appel à déserter les cours étant un motif amplement suffisant. Mais il est savoureux de voir les organisations de gauche – encore elles – habituées à jouer cette partition, complètement dépassées, ironiser cette fois sur ces lycéens qui ne savent pas pour quoi ils manifestent.

Néanmoins, en dehors des inquiétudes qu’ils partagent avec leurs parents gilets jaunes, les lycéens ont de réels motifs d’inquiétude. D’abord, on est à cette période de l’année où le nouveau Parcoursup, dont on ne connaît pas encore bien les contours, va arriver. La cuvée Macron 2018 qui devait effacer les déficiences d’APB n’a pas été concluante. Et pour 2019 ? Mystère. Ensuite, les autres lycéens, notamment de seconde, vivent eux aussi dans une grande incertitude, comme leurs professeurs d’ailleurs, avec la réforme Blanquer du lycée, avec ses innovations profondes (contrôle continu, dominantes, etc.). Or, là encore, sur le terrain, dans les lycées, c’est le flou qui domine. Bien des chefs d’établissement l’avouent : on ne sait pas où on va. Alors, si eux ne le savent pas, imaginez les lycéens et leurs familles. Le tout devant se faire avec des milliers de suppressions de postes.

Évidemment, la contagion de l’incendie est redoutable pour le gouvernement. D’où la désinformation façon Castaner. Emmanuel Macron est parvenu au pouvoir en faisant un tabac chez les retraités et les jeunes. Aujourd’hui, il a perdu les premiers avec la CSG et les taxes, et il est en train de perdre les seconds.

Et la question devient vraiment politique car, vendredi, le slogan qui revenait le plus souvent, c’était, encore une fois, « Macron démission »…

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