Economie - Editoriaux - 5 février 2019

La prime d’activité : une bonne mesure du gouvernement !

La mesure phare d’Emmanuel Macron pour reconquérir l’opinion après la crise des gilets jaunes, l’augmentation de la prime d’activité, monte en puissance au début de ce mois de février. Tous ceux qui en ont fait la demande et qui y ont droit vont la recevoir, ce mardi 5 février 2019. Pour l’obtenir, il faut être âgé de plus de 18 ans, résider en France, avoir travaillé les trois derniers mois et gagné entre 0,5 et 1,2 fois le SMIC avec un plafond de ressources qui dépend de la composition du foyer et des revenus du conjoint.

Dans tous les cas, on ne touche rien si on gagne plus de 1.790 euros nets (au lieu de 1.560, jusqu’en décembre). Les conditions pour percevoir la prime d’activité ont été élargies et, au total, 5 millions de personnes (au lieu de 3,3 millions) sont des bénéficiaires potentiels. Les étudiants stagiaires et les apprentis sont concernés par cette prime. Pour l’instant, il faut la demander à la CAF pour l’obtenir, mais en 2020, elle sera versée automatiquement car, malheureusement, il existe encore près d’un million de personnes susceptibles de l’obtenir qui ne font aucune démarche.

Dans quelques cas, l’augmentation est spectaculaire : un célibataire avec un enfant gagnant 1.350 euros verra sa prime augmenter de 145 à 235 euros, un couple avec deux enfants, dont l’un des deux conjoints gagne 1.200 euros et l’autre 1.500 euros, verra son complément passer de 93 à 234 euros. Mais seulement 55 % des smicards sont concernés par cette augmentation. Un smicard dont le conjoint gagne trop est exclu du dispositif. Et, donc, l’annonce par M. Macron d’une augmentation totale de 100 euros par mois ne concernera qu’une minorité de travailleurs.

Cela dit, la redistribution de pouvoir d’achat est indéniable et elle touche des catégories sociales qui ne vont pas la thésauriser. Au contraire, elles vont consommer et relancer la machine économique qui en a bien besoin puisque la croissance française n’a été que de 1,5 % en 2018 et que l’Allemagne, le pays qui jusque-là tirait vers le haut l’Europe, ne fera pas mieux que 1 % en 2019. Le coût pour nos finances est relativement modéré (2,5 milliards) et il s’agit d’argent bien dépensé (ce qui n’a pas toujours été le cas avec ce gouvernement !). Une bonne partie reviendra, d’ailleurs, dans les caisses de l’État sous forme de taxes ou de TVA.

Surtout, cette redistribution ne concerne que des personnes pourvues d’un emploi. Il faut, bien entendu, maintenir les minima sociaux pour les accidentés de la vie, pour les chômeurs qui, malgré leurs efforts, ne trouvent aucun travail (du fait de l’âge, notamment) ou pour les personnes en longue maladie. Mais le travail doit, par principe, largement payer plus que l’inactivité. Or, si on accumule tous les dispositifs qui aident les personnes au RSA (allocations familiales, gratuité des transports en commun, cantine gratuite pour les enfants ou autres aides), parfois celui qui travaille ne gagne pas plus que celui qui reste chez lui. La prime d’activité corrige ce défaut et c’est une très bonne chose !

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