La France à la traîne pour le nucléaire ? Un comble !


Mathématicien, chercheur en énergies renouvelables

 

La Suisse vient de voter sagement pour le maintien de ses centrales nucléaires. La France ne fait actuellement pas mieux que la Belgique dans le domaine de l’énergie. Elle prévoit même des coupures de courant cet hiver, comme la Belgique en 2015 ! Situation navrante au moment où le nucléaire civil sans danger et consommant les déchets des anciennes centrales est développé… en Chine, par exemple !

La France est le seul pays au monde à produire l’essentiel de son énergie électrique avec 55 centrales nucléaires… centrales avec brevet Westinghouse ! Elles ne consomment que le 0,7 % d’uranium 235 offert par la nature, font donc beaucoup de déchets 1

Pourtant, face à une société qui tend vers le tout-électrique, la France a développé la filière Phénix avec un succès total. Phénix a servi de cible aux « partis écologiques » après l’incendie de la centrale de Tchernobyl, centrale militaire avant tout et extrêmement dangereuse. Partout dans le monde occidental, les expériences ont, dès lors, été arrêtées et seuls des pays en développement ont développé le nucléaire ! Des dizaines de centrales sont en construction.

L’énorme outil représenté par Areva s’est progressivement fossilisé après 1980, faute de commandes. La Finlande attend toujours sa centrale commencée en 2005 ! Il ne s’agit, pourtant, que d’une énorme centrale Westinghouse comportant un peu plus de sécurité active que les autres. Entre-temps, Areva a été dépecée et les Finlandais lui font un procès. La centrale Areva construite en France suit la même voie et EDF a récupéré la partie vivante d’Areva et construit des centrales en Angleterre et en Chine. La filière Phénix de surgénérateurs – des réacteurs qui consomment tout l’uranium, ce qui permet de parler d’énergie « éternellement renouvelable » à l’échelle de l’espèce humaine (!) – s’appelle Astrid. Astrid consomme l’argent du contribuable mais aucun réacteur ne sera produit quand la Russie, elle, commercialise des réacteurs semblables…

Dans la filière Phénix-Astrid, le cœur du réacteur trempe non pas dans l’eau mais dans des milliers de tonnes de sodium liquide à 500 °C. Si la cuve se fissure, le sodium mis en contact avec l’air (ou l’eau) engendre un gigantesque incendie qui peut vaporiser des composantes radioactives du cœur.

Mais tout cela est du passé. Cela a été une incitation à la recherche… recherche qui se fait dans le sens de réacteurs civils et sans danger, recherche dont la France est absente. L’Inde, la Chine, la Russie entre autres développent des prototypes de réacteurs à sels fondus et autres surgénérateurs déjà testés dès les années 1950 mais abandonnés car… sans utilité pour les militaires !

Une autre matière inutile aux militaires pour alimenter les réacteurs est le thorium. Or, la France dispose d’un stock formidable de thorium, qu’Areva voudrait détruire, ignorant la recherche menée en Belgique avec Myrrha. Myrrha promet la consommation sans danger du thorium sans devoir disposer d’une « allumette » (un peu d’uranium 235 ou de plutonium) pour faire démarrer la surgénération.

Toute la planète s’organise pour exploiter le nucléaire vraiment civil, quasiment sans déchets à longue vie, sans aucun danger vu que sa sécurité est passive et non active, très économique avec les SMR (petits réacteurs modulaires), pendant que la France — et l’Occident tout entier, et dans d’autres domaines que le nucléaire — se suicide en voulant satisfaire des fanatiques qui se disent « Verts » mais sont, le plus souvent, incultes et peureux… pour le plus grand bonheur de financiers sans scrupules !

Notes:

  1. 3 milliards de tonnes d’uranium sont dissoutes dans l’eau de mer. L’extraction coûte cher mais, dans les surgénérateurs, la consommation d’uranium n’intervient quasiment pas dans le prix des kW/h produits…

Mathématicien, chercheur en énergies renouvelables

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