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La droite introuvable

Homme politique

Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre

 

Les responsables politiques ont l’alternative, soit de mettre l’accent sur le caractère purement spatial de leur position, soit de fournir une explication idéologique de celle-ci. Tant que la politique est une affaire sérieuse entre des partis menés par des chefs qui privilégient leurs valeurs et non leurs carrières, les idées l’emportent. Lorsqu’elle n’est plus qu’un jeu, un jeu de go et un jeu de rôles, alors ne subsistent que la géométrie ou la géographie. […]

Dans l’invincible armada de l’ex-UMP, désemparée après son débarquement raté sur les rives du pouvoir, la dérive « spatiale » est totale. […] L’UMP a été historiquement fondée par la réunion du RPR, gaulliste, majoritairement conservateur, réservé sur l’Europe, et de l’UDF, elle-même très divisée, avec toutefois une dominante pro-européenne et libérale. […] Le RPR a semblé être le bénéficiaire du contrat puisque deux de ses membres éminents sont devenus présidents de la République. Mais cela s’est fait au prix du renoncement aux thèmes et aux idées qui étaient ceux de la formation néo-gaulliste.

En fait, l’UMP est devenue une machine destinée à prendre le pouvoir et à le conserver […]. Dès lors, le positionnement l’a emporté sur la réflexion idéologique. […] Le rejet obsessionnel du Front national par peur de perdre le « centre » au profit d’une troisième voie a dominé de 1988 à aujourd’hui. Chirac, pourtant bien parti, avait dès 1988 opéré un déplacement « à gauche » qu’il a accentué jusqu’à la fin. Sarkozy, qui avait réussi une élection clairement conservatrice, a assumé une présidence qui ne l’était pas. Les idées s’étaient noyées dans les méandres des choix tactiques effectués de plus en plus à court terme.

Fillon a plus ou moins repris le chemin de la droite des idées, mais en se trompant de champ de bataille, mettant l’accent sur l’économie, et multipliant les réserves à l’encontre des conservateurs qui le soutenaient vigoureusement. Lorsqu’il a coulé sur le récif du Penelopegate, il avait perdu tous ceux que son libéralisme inquiétait sur le plan social, le centre libéral toujours allergique au conservatisme, et les électeurs patriotes qui le jugeaient trop mou. Le résultat de cette évolution calamiteuse est le paysage ravagé de la droite actuelle : la troisième force s’est constituée, et s’appelle « En Marche ! » Entre celle-ci et le Front national, une lanterne à la main, les politiciens qui s’en réclament cherchent une droite disparue.

Jamais, sans doute, on n’a entendu autant le mot « droite » à droite. […] On veut « sauver la droite ». On la veut de retour. On veut lui rendre sa fierté. Mais c’est aussitôt pour dire qu’il faut la refonder en réfléchissant sur ses fondamentaux. […] Cette première orientation conduit les candidats à la présidence du mouvement à « se positionner », parfois à la suite d’une évolution que l’on veut croire sincère. Ils veulent « rassembler » et, sur ce point, Laurent Wauquiez, considéré comme le candidat d’une droite « dure », prête à s’opposer frontalement et avec vigueur à Macron, a réussi un « coup » en étant rallié par une élue réputée très proche de Juppé : Virginie Calmels. Mais ce ralliement peut aussi signifier la modération des idées, le retour au flou qui a tué le RPR. Une seconde orientation menace, en effet, l’unité des Républicains : c’est la poursuite du renoncement à être de droite, l’effacement dans le brouillard centriste. De ce côté, c’est un festival de mauvaise foi et de vide intellectuel.

C’est Pécresse qui veut tellement l’unité qu’elle menace de s’en aller si les militants choisissent un candidat trop clivant. C’est la candidate proche de Bertrand qui veut exclure Sens commun sous le prétexte que celui-ci exclut parce qu’il défend la famille traditionnelle. […] Chemin faisant, on arrive, sans transition, aux « Constructifs » qui, eux, ne sont toujours pas exclus et sont dans le positionnement « pur » comme le « macronolâtre » Solère, débitant comme un bateleur de foire son boniment du moment et ramenant Les Républicains à un prétendu ADN fondateur de l’union de la droite et du centre qui se résumerait à la liberté économique et sociétale. Macron est génial puisqu’il va supprimer l’ISF ! […]

Être de droite […], cela consiste à être conservateur, attaché aux valeurs héritées, à l’identité culturelle du pays, à l’indépendance nationale, à la famille traditionnelle, et à être libéral dans la mesure où la responsabilité personnelle et la liberté de l’exercer sont le fondement d’une économie prospère et d’un pays puissant. […] C’est sur cette ligne que la droite doit se reconstruire, et si cela chasse les passagers clandestins, la traversée n’en sera que plus heureuse.

Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre

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