Brexit

La démocratie et le Brexit à la sauce européenne façon Sarkozy

Son blog
 

Le « Brexit » : les peuples en rêvent, les juristes en cauchemardent, les politiciens ne l’acceptent pas. Et pourtant, rappelons-nous : il y a quelques mois, un message d’espoir a été envoyé à l’Union européenne : les peuples peuvent avoir le dernier mot.

Sauf que tout le monde ne l’entend pas de cette façon : regardez Nicolas Sarkozy, l’homme aux « sincérités successives » (expression à la mode pour dire qu’il est aussi changeant qu’une girouette). Il affirme qu’il va, s’il est élu en 2017, faire un tour chez la petite mère des peuples européens pour ensuite aller voir ceux qui ont eu l’outrecuidance de dire non à l’Europe pour leur donner une occasion de voter à nouveau. Et s’ils réaffirment un gigantesque NON à la trombine de Nicolas et de l’Europe tout entière, cette fois, ce sera vraiment fini, l’Angleterre ne sera plus européenne, foi de Napo… foi de Nicolas !

Vieil artifice du petit Nicolas : quand quelque chose ne va pas dans la cour de récréation européenne, il vaut mieux poser deux fois une même question. Il nous avait déjà fait le coup avec le traité de Lisbonne en 2007, pâle copie du traité pour une Constitution européenne de 2005 que les Français avaient pourtant refusé. Et comme c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures, Nicolas pense pouvoir réitérer l’exploit avec les British.

Et s’il réussit, la démocratie brillera à nouveau, dans ce phare pour le monde qu’est le Vieux Continent, terreau des droits de l’homme. D’ailleurs, on peut être sûr que le nouveau traité qu’il présentera pour l’Europe prévoira, pour l’ensemble des pays de l’Union, que toute question portant sur l’avenir de l’Europe relèvera de la compétence parlementaire et ne pourra faire l’objet d’un référendum (comme le laisse présager sa réaction juste après le Brexit). Pas question de laisser une arme aussi puissante entre des mains si malavisées et si malintentionnées. Et puis, un Président tous les cinq ans, n’est-ce pas un référendum régulier, finalement ?

Donc, pour résumer, nous avons un Nicolas Sarkozy contre le référendum sur les questions d’importance européennes, mais qui veut refaire voter les Anglais sur l’Union européenne, en leur proposant un nouveau projet alternatif. Tout cela parce qu’il ne veut pas perdre la deuxième économie européenne. Cependant, il est relativement heureux puisque le Brexit va être une occasion formidable, pour les entreprises françaises, d’agrandir leurs marchés… Des contradictions apparentes de toutes parts, mais une vraie idée en tête. Laisser le Brexit se faire, c’est envoyer un terrible message aux peuples d’Europe : vous pouvez partir si vous le souhaitez et dès que vous le souhaitez… C’est pour cela qu’il veut une compétence des parlementaires en la matière, et pas de référendum sur le sujet : un parlementaire est plus aisé à « convaincre » que tout un peuple !

Quelle vulgarité, ce peuple: on lui offre l’Europe, les droits de l’homme et la démocratie, et il râle !

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