La Belle et la Bête… ou pas !

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Il y a une semaine sortait, dans les salles de cinéma françaises, la dernière superproduction de Disney : un remake du célèbre conte La Belle et la Bête.

Pour ceux qui auraient prévu d’y emmener leurs enfants, il est important de noter que la société Disney a fait le choix de s’éloigner du conte original en transformant le personnage du Fou, compagnon du héros principal Gaston, en « homosexuel hésitant ».

Comme l’a expliqué le réalisateur Bill Condon au magazine britannique LGBT Attitude, le Fou est en effet « quelqu’un qui veut être Gaston un jour et qui veut l’embrasser le lendemain. Il est désorienté dans son désir. C’est quelqu’un qui est en train de réaliser qu’il a des sentiments », ce qui donne donc l’occasion d’« un beau moment gay et unique dans un film Disney ».

Des paroles de la chanson ont également été modifiées pour que les jeunes spectateurs saisissent bien l’attirance du Fou pour Gaston.

On a le droit, comme Matt Cain, rédacteur en chef d’Attitude, de se féliciter de ce « grand tournant pour Disney » qui envoie ainsi au monde « un message sur ce qui est normal et naturel », ou de penser que c’est « un pas en avant formidable », comme Sarah Kate Ellis, présidente de l’association GLAAD, qui milite pour une meilleure représentation de la communauté LGBT. Un pas d’ailleurs accompagné récemment sur la chaîne Disney Channel, aux États-Unis, des premiers baisers entre couples du même sexe dans un dessin animé pour enfants, et qui pourrait en précéder d’autres. On se souvient, notamment, des fortes pressions exercées l’année dernière par certains groupes LGBT pour que le personnage d’Elsa soit ouvertement lesbienne dans la suite de La Reine des neiges.

C’est aussi le droit le plus strict des studios Disney de prendre cette direction et de complaire ainsi à certains groupes de pression puissants dont les arrière-pensées sont claires.

Mais on peut, aussi, souhaiter en tant que parents aborder avec ses enfants la question des diverses orientations sexuelles en d’autres occasions qu’à celle d’un film de divertissement familial et, par la même occasion, faire passer le message à la société Disney qu’on ne souhaite pas lui déléguer cette mission, ni aujourd’hui, ni à l’avenir. Il existe sur le marché beaucoup d’autres sociétés qui produisent des films et dessins animés de grande qualité pour les enfants sans pour autant chercher à leur inculquer une vision particulière de la sexualité.

Notons, pour finir, que la Russie a décidé d’interdire le film La Belle et la Bête au public de moins de 16 ans, sur la base de la loi interdisant la propagande homosexuelle en direction des jeunes. Le film a également été retiré de tous les cinémas de Malaisie après qu’une demande du gouvernement local de couper la scène concernée a été rejetée par Disney. À Singapour, le long-métrage a également été vivement critiqué.

Autant d’éléments à bien prendre en compte avant d’emmener ses enfants voir ce nouveau film de Disney… ou pas.

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