La presse française aux ordres vue par les medias étrangers…

Journaliste

Ancien grand reporter à France 3 Alsace, il passe son temps entre l’Alsace et la Grèce.

 

Sale temps pour le gouvernement socialiste qui prend une volée de bois vert ces jours-ci dans la presse anglo-saxonne, nous rappelle fort opportunément Nicolas Gauthier. Mais le « French bashing » (dénigrement de la France) ne se limite pas, on s’en doute, à la seule presse britannique.

Le 3 janvier dernier, le magazine américain Newsweek lançait une première torpille en titrant sur « La chute de la France ». Du haut de ses ergots, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, n’y vit dédaigneusement qu’un « pamphlet » qui lui inspirait tout au plus… « une certaine hilarité ». Peu impressionné par les sarcasmes de Bercy, Newsweek remit le couvert la semaine d’après avec ce titre encore plus explicite : « Comment la nation du coq est devenue la nation de l’autruche ». L’Histoire nous dira sans doute comment se terminera la nouvelle fable socialiste que notre Président a tenté de faire gober l’autre jour à la presse lors de son « Froggie Show » à l’Élysée. Petite revue de presse internationale…

Sur la forme d’abord : les journalistes allemands ont été frappés par la mise en scène de l’apparition du président de la République française dans la salle des fêtes de l’Élysée. Son entrée théâtrale, que le Spiegel Online compare à la « grande pompe monarchique », contraste, selon nos confrères d’outre-Rhin, avec la simplicité, la sobriété des conférences de presse de Mme Merkel.

Sur le fond : le Handelsblatt, le journal des affaires, juge la prestation de François Hollande comme celle d’un « président qui n’a pas le goût du risque (…) sonnant comme un maître de conférence, mais pas comme un chef d’État dynamique (…) Il n’a pas défini de vision claire, seulement des mesures bricolées. » Le Spiegel enfonce le clou : « Il a réussi dans cet exercice, autant que c’est possible lorsque l’on n’a rien de concret à offrir. »

Mais c’est avant tout la pusillanimité de leurs confrères français que nos collègues étrangers jugent sévèrement : « En Grande-Bretagne, constate Philippe Turle, rédacteur en chef adjoint à la rédaction anglaise de RFI, si David Cameron avait été dans cette situation, les journalistes lui auraient dit : “Est-ce que vous n’avez pas honte de ce que vous avez fait ?” En France, poursuit le journaliste de RFI sur le blog du Nouvel Obs, cela semble impossible : “Il demeure toujours cette impression que le roi/président vient parler aux petites gens, les journalistes, et qu’ils restent dociles.” »

Même constat pour le Washington Post : « Aucun parmi les centaines de journalistes présents n’a levé la main pour demander si François Hollande devait démissionner. » En clair, la presse aux ordres a joué le jeu du Président : « Lorsque le sommet de l’État se trouve mêlé à un scandale comparable à l’affaire Clinton-Lewinsky », nos collègues n’auraient… « envie de parler que de Sécurité sociale », plaisante de son côté le Daily Telegraph.

« Grande nation, petit roi », ironise encore un journal allemand jugeant « fascinant et effrayant » le « spectacle » livré par Hollande. « Survivor » au palais de l’Elysée, titre le New York Post. Et pour la bonne bouche,  » François Hollande, la Nabilla de la Ve République », s’autorise le très sérieux quotidien suisse Le Temps. De grâce chers confrères, n’en jetez plus, la coupe est pleine…

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