Onfray, déjà soumis ?

Philologue
 

Michel Onfray étai, ce jeudi, l’invité de « La Grande Librairie » sur France 5, en compagnie de Fabrice Luchini, ce surdoué de la mémoire, ce ludion qui fascine les médias et que les médias n’arrivent jamais à contrôler. Face à un tel phénomène, à ce pétillement perpétuel, à ce tsunami d’étincelles, notre aimable philosophe – une fois n’est pas coutume – est apparu plutôt terne et gris. Couleur de muraille. Mais là n’est pas la question.

Véritable bourreau de travail, l’homme venait présenter ses deux derniers ouvrages, l’un sur l’athéisme militant (c’est sa religion), l’autre sur l’islam, modestement intitulé Penser l’islam.

C’est évidemment sur le second qu’il était le plus attendu, son interviewer, François Busnel, brûlant de savoir s’il se classait parmi les islamophiles ou parmi les islamophobes. Eh bien, vous ne le saurez pas, sauf tout de même que l’interviewé s’est surtout attaché à donner de l’islam une image somme toute rassurante, citant à cet effet deux ou trois sourates du Coran, dont le fameux « Pas d’interdit en religion », qui ne dépareraient pas l’Évangile. Et c’est ce même Michel Onfray qui nous prophétisait naguère l’islamisation inéluctable de la France en quelques décennies ! Donc, ne nous affolons pas, on pourra toujours s’accommoder. Vous avez dit soumission ? À la question que lui pose François Busnel de savoir si Michel Houellebeck n’aurait pas déjà gagné, la réponse fuse, claire et nette : oui.

On est sonné, ébahi, consterné. Et l’on cherche à comprendre l’énigme Onfray. Son courage, il l’a pourtant abondamment prouvé en déboulonnant mainte idole de la bien-pensance sans craindre de s’exposer aux foudres de Libération ou du Monde. Alors, pourquoi cette mollesse, pourquoi cette tranquillisation, pourquoi cette démission sur un problème aussi vital pour la France et pour l’Europe que la montée de l’islam conquérant ? Où est la faille ?

Sans doute faut-il remonter aux fondements mêmes de la doctrine dont se réclame cet excellent philosophe, à savoir l’hédonisme, école fondée au 4e siècle avant notre ère par un certain Aristippe, homme intelligent qui avait parfaitement compris, comme disait La Fontaine, que « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

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