Sarkozy en garde à vue ? Une avancée totalitaire

Ancien député européen, essayiste.

Président de Polémia.

 

Je ne suis pas sarkozyste. Je n’ai pas voté Sarkozy. Et je ne souhaite pas le retour au pouvoir de l’ancien président. Pour autant je ne me réjouis pas de sa garde à vue. Par instinct, je me refuse toujours à hurler avec les loups. Par raison, je m’interroge sur ce qui peut rester de souveraineté nationale lorsque celui-ci qui a – bien ou mal, c’est une autre affaire – représenté la France est humilié à la face du monde pour une affaire de cornecul montée par une officine.

Allons plus loin : la réflexion politique, le droit des gens et les règles de la démocratie ont mis en place des « immunités ». Certes, ces immunités sont des privilèges mais des privilèges nécessaires. L’immunité diplomatique vise à assurer l’indépendance du représentant étranger vis-à-vis du pays qui l’accueille. L’immunité parlementaire vise à garantir un minimum d’indépendance du représentant du peuple par rapport au pouvoir exécutif et au pouvoir judiciaire. L’immunité des juges a pour but de garantir leur liberté d’appréciation et leur tranquillité. L’immunité présidentielle a – elle – pour fonction de garantir l’autorité du pouvoir exécutif. Sans raison d’État, il n’y a plus d’État. Sans immunité parlementaire, il n’y a plus de démocratie représentative. Quand les parquetiers et les juges vont en garde à vue, il n’y a plus d’indépendance de la justice.

Toutes ces règles, toutes ces immunités, fruits d’une tradition séculaire – voire millénaire – ont volé en éclat ! Pour le bénéfice de qui ? Du peuple ? Sûrement pas ! Plus certainement des puissances financières et des puissances étrangères qui ont intérêt à réduire les dépositaires de la souveraineté à l’état de pantin. Aujourd’hui celui qui écoute le monde (la NSA, d’autres services spéciaux) a le pouvoir sur le monde. Est-ce un progrès de la souveraineté ? De la démocratie ? Des libertés ? Évidemment non !

On me dira qu’il suffit de respecter la loi pour ne rien craindre. Mais c’est une foutaise que d’affirmer cela ! Car, appliqué avec méthode et systématisme, le volumineux code pénal français permettrait de placer en détention 10 millions de personnes et parmi elles, la totalité des ministres, des préfets, des chefs d’entreprise et des… candidats à l’élection présidentielle.

Bien sûr, on ne le fait pas. Mais la loi pénale, incapable d’empêcher la montée de la délinquance, permet la mise en place d’un régime d’arbitraire, tout simplement en choisissant les bonnes cibles.

Sarkozy, paraît-il, était écouté légalement, comme nous tous sommes susceptibles de l’être. Mais les écoutes de la STASI aussi étaient légales…

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Président de Polémia.

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